La Cour de justice de la CEDEAO séjourne en Guinée dans le cadre d’une mission de sensibilisation et de communication sur son fonctionnement et ses audiences hors siège. Les activités ont débuté ce mercredi 13 mai 2026 à la Cour d’appel de Conakry et se poursuivent jusqu’au 14 mai, avant des audiences prévues les 17 et 18 mai.
Dans les salles de la Cour d’appel de Conakry, magistrats, autorités et acteurs du secteur judiciaire ont engagé des échanges autour d’une juridiction régionale encore méconnue du grand public.
Une mission pour rapprocher la Cour des citoyens
Une délégation de la Cour de justice de la CEDEAO séjourne actuellement en Guinée dans le cadre d’une mission de sensibilisation et de communication. L’initiative vise à mieux faire connaître l’institution, ses compétences et les conditions d’accès à la justice communautaire.
Le lancement des activités s’est tenu le mercredi 13 mai 2026 à la Cour d’appel de Conakry, en présence de plusieurs acteurs du secteur judiciaire et institutionnel.
Selon les organisateurs, cette démarche s’inscrit dans une volonté d’échanges avec les autorités nationales, les institutions, les citoyens de l’espace communautaire ainsi que les parties prenantes.
« Rendre compte et rapprocher la justice des populations »
Prenant la parole, Dr Yaouza Ouro-Sama, greffier en chef de la Cour, a rappelé la vocation communautaire de l’institution.
« En tant que juridiction communautaire, la Cour de justice appartient aux États membres et aux citoyens de la communauté. Il est donc impératif pour nous d’associer toutes les parties prenantes aux activités de la Cour et de rendre périodiquement compte de l’exécution de notre mandat judiciaire », a-t-il déclaré.
Il a également précisé que la Cour dispose de plusieurs compétences : juridiction communautaire, tribunal administratif, Cour des droits de l’homme et tribunal arbitral.
Selon lui, une large part des affaires traitées concerne les droits humains, estimée entre 90 et 95 % des requêtes introduites.
Une juridiction aux compétences élargies
Le greffier en chef a rappelé que les protocoles successifs ont élargi les compétences de la Cour, notamment depuis l’adoption du protocole de 2005.
Il a souligné que la juridiction joue désormais un rôle central dans l’interprétation du droit communautaire et la protection des droits fondamentaux, tout en permettant un accès direct aux citoyens et aux organisations non gouvernementales dans certaines conditions.
La Guinée, pays hôte des audiences hors siège
Au-delà de la mission de sensibilisation, des audiences hors siège sont programmées les 17 et 18 mai en Guinée. Un choix qui, selon les autorités, traduit l’engagement du pays dans le processus d’intégration régionale.
Pour le ministre de la Justice, M. Ibrahima Sory II Tounkara, cette initiative reflète une volonté politique affirmée.
« Le choix de la Guinée pour la tenue de cet événement témoigne de l’attachement de notre pays au processus d’intégration sous-régional et à l’objectif de l’unité africaine », a-t-il indiqué, évoquant également une volonté de rapprocher la justice communautaire des citoyens.
Une justice régionale encore méconnue
Le président de la Cour, le juge Ricardo Claudio Monteiro Gonçalves, a insisté sur l’accessibilité directe des citoyens à la juridiction communautaire.
« Contrairement à de nombreux tribunaux régionaux, la Cour de la CEDEAO offre un accès direct aux particuliers et aux ONG », a-t-il rappelé.
Il a toutefois souligné que malgré son existence depuis 2001, la Cour reste encore peu connue dans l’espace communautaire, notamment sur ses missions et procédures.
Un enjeu d’appropriation nationale
Pour les autorités judiciaires guinéennes, l’événement de Conakry constitue une étape importante dans la diffusion du droit communautaire.
Le premier président de la Cour suprême de Guinée, Fodé Bangoura, a souligné la nécessité d’une implication de tous les acteurs.
« En réunissant pouvoirs publics, praticiens du droit, forces de défense et de sécurité, société civile et universitaires, cette initiative favorise la diffusion du droit communautaire », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur le rôle des juridictions nationales dans l’harmonisation des jurisprudences et l’intégration des normes communautaires.
Une dynamique régionale en construction
La mission de sensibilisation de la Cour de justice de la CEDEAO à Conakry s’inscrit dans un cadre plus large visant à renforcer la visibilité de l’institution et à améliorer l’accès des citoyens à la justice communautaire.
Les audiences hors siège attendues dans les prochains jours viendront compléter ce dispositif de rapprochement entre la juridiction régionale et les populations de l’espace CEDEAO.
Une démarche qui met en lumière les enjeux d’information, de compréhension et d’appropriation de la justice communautaire par les acteurs nationaux.
Ismaël Sam, pour Laguinee.info





