Face aux accusations de détournement et de mauvaise gestion, le Directeur général de l’hôpital Jean Paul II, Soriba Soumah, oppose une ligne de défense claire : il nie toute implication et renvoie la responsabilité vers son comptable en fuite.
À la barre de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), ce lundi 4 mai 2026, le ton est ferme.
« Je ne reconnais pas les faits. Je n’ai signé aucun contrat d’équipement en 2022 », tranche-t-il d’entrée, avant de préciser : « C’est en 2023 que j’ai conclu un contrat avec le ministre de l’Économie et des Finances, Mourana Soumah, pour l’achat d’équipements, notamment un scanner, ainsi que des médicaments. »
« L’argent était là, les équipements sont en route »
Sur la question des fonds, Soriba Soumah rejette toute idée de disparition ou de détournement. Il affirme que les ressources étaient bel et bien disponibles et utilisées dans le cadre prévu.
« Le premier bateau est attendu le 9 mai à Conakry, et le second autour du 2 juin. Tous les équipements ont été achetés à ce jour », assure-t-il, évoquant un processus d’acquisition déjà engagé.
Il parle également d’un fonds spécial de 12,4 milliards de francs guinéens destiné à l’achat de médicaments et d’équipements, dont une partie resterait encore au Trésor.
« Mon comptable a imité ma signature »
La ligne de défense se précise davantage lorsqu’il évoque son collaborateur, Mohamed Sangaré, aujourd’hui introuvable.
« Pendant que j’étais à Fria dans le cadre de la campagne référendaire, mon comptable a imité ma signature pour effectuer des paiements à des fournisseurs », affirme-t-il.
Selon lui, plus d’un milliard deux cent millions de francs guinéens auraient été retirés en quelques jours. D’autres retraits, estimés à près de 80 millions, auraient été effectués durant sa suspension.
Une suspension qui déclenche la procédure
Le directeur général rappelle avoir été suspendu par sa ministre de tutelle, Charlotte Daffé, pour « manque de transparence dans la gestion ». Une décision qui a ouvert la voie à des investigations administratives puis judiciaires.
Interrogé sur l’absence de plainte formelle pour falsification de signature, il répond sans détour :
« Non, parce que la ministre avait estimé qu’il s’agissait désormais d’une affaire relevant du ministère. »
Une défense qui mise sur la responsabilité individuelle
Sur son patrimoine, Soriba Soumah se veut rassurant : une parcelle à Kénendé, un véhicule, et un salaire mensuel de 15,5 millions de francs guinéens.
Une manière de contester toute accusation d’enrichissement illicite, tout en recentrant le débat sur la gestion interne et les responsabilités individuelles.
Le procès se poursuit devant la CRIEF, où la confrontation entre accusations de détournement et ligne de défense fondée sur la contestation et la mise en cause d’un tiers reste au cœur des débats.
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