Dans un communiqué publié le 26 avril 2026, la Coalition des Forces pour la République (CFR), proche de l’influent leader religieux Mahmoud Dicko, hausse le ton au lendemain des attaques coordonnées qui ont visé plusieurs localités maliennes, dont Bamako et Kati. L’organisation réclame la démission de la junte et l’ouverture d’une transition civile.
Le Mali traverse l’une de ses journées les plus critiques depuis l’arrivée au pouvoir des militaires. Samedi 25 avril, des attaques coordonnées ont frappé plusieurs villes stratégiques du pays: Bamako, Kati, Sévaré, Mopti, Gao et Kidal, semant la confusion et la peur au sein des populations.
Alors que la situation reste confuse, avec des combats encore signalés dans certaines zones et des informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux, la Coalition des Forces pour la République (CFR) a rompu le silence, dimanche 26 avril, par un communiqué au vitriol .
La CFR : « Le Mali vient de subir une nouvelle démonstration de l’échec sécuritaire du régime militaire »
Dans son texte, la CFR, qui compte parmi ses figures majeures l’imam Mahmoud Dicko, livre une analyse politique sans concession des événements . L’organisation estime que ces attaques constituent « une nouvelle démonstration de l’échec sécuritaire du régime militaire » .
« Depuis des mois, la junte affirme avoir repris le contrôle du pays. Elle a fait de Kidal le symbole de sa victoire. Elle a présenté Kati, Bamako et les grandes garnisons comme les preuves de sa puissance », écrit la coalition. Or, « quand la capitale est visée, quand Kati est attaquée, quand Gao, Kidal, Mopti et Sévaré sont touchées, personne ne peut sérieusement prétendre que le Mali est pacifié » .
La CFR qualifie les événements du 25 avril d’« avertissement national », qui « révèle ce que la propagande tente de cacher depuis trop longtemps : le pays n’est pas sécurisé. Il est exposé. L’État n’est pas restauré. Il est débordé. La guerre n’est pas gagnée. Elle s’étend, elle s’aggrave, elle consume la Nation.»
Condamnation des violences contre les civils
Malgré son opposition frontale au régime militaire, la CFR condamne fermement les violences visant les populations civiles. L’organisation affirme qu’« aucune cause, aucun grief, aucune revendication ne peut justifier que des civils soient pris pour cible » .
Elle présente ses « condoléances les plus attristées aux familles endeuillées » et exprime sa compassion « à toutes les victimes, aux blessés, aux déplacés, aux habitants pris au piège des combats, ainsi qu’aux soldats maliens tombés ou engagés sur les différents fronts » .
Une exigence : la démission de la junte et une transition civile
La CFR réclame ainsi la démission immédiate de la junte militaire et l’ouverture d’une transition civile, républicaine et inclusive . Cette transition aurait pour mandat : « faire taire les armes, protéger les populations, restaurer les libertés publiques, rétablir l’autorité légitime de l’État, refonder l’armée dans un cadre républicain et préparer le retour à l’ordre constitutionnel » .
L’organisation appelle parallèlement « tous les groupes armés engagés dans les affrontements en cours à cesser les hostilités, à épargner les civils, à respecter les populations et à ouvrir des voies de discussion ». Elle affirme qu’« aucun groupe armé ne peut imposer l’avenir du Mali par la force » et que « le dialogue n’est ni une capitulation ni une faiblesse, mais une exigence nationale » .
La junte distincte de l’armée nationale
Dans son communiqué, la CFR tient à établir une distinction fondamentale : « La junte n’est pas l’armée nationale. Notre critique vise le régime militaire, son incapacité, son arrogance et ses choix politiques désastreux. Elle ne vise pas les soldats maliens » .
Ces derniers sont décrits comme « victimes d’une stratégie sans cap, d’un commandement politisé et d’un pouvoir qui les expose tout en confisquant la vérité sur leurs souffrances ». L’armée malienne, selon la CFR, « mérite mieux que d’être utilisée comme bouclier d’un régime qui a échoué ».
Appel à la prudence face aux rumeurs
Dans un contexte marqué par une forte circulation d’informations non vérifiées sur les réseaux sociaux, la CFR appelle « chacun à la prudence » et annonce qu’elle s’interdit de relayer « les rumeurs, les bilans non établis ou les informations non vérifiées » . La coalition exhorte les citoyens à la responsabilité pour ne pas aggraver un climat déjà sous tension.
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