La Haute Autorité de la Communication (HAC) a rendu public ce samedi une décision portant modification des dates des campagnes médiatiques pour les élections législatives et communales, désormais prévues le 31 mai 2026. Ce texte, qui s’impose aux médias audiovisuels, écrits et en ligne du secteur privé, fixe également des règles strictes en matière de traitement de l’information, d’accès équitable aux candidats et d’encadrement de l’intelligence artificielle.
Des calendriers ajustés pour deux scrutins
Selon l’article 3 de la décision n°016/HAC/P/2026, la couverture médiatique des élections législatives se déroulera du 1er mai 2026 à 00h00 au 28 mai 2026 à 23h59. Celle des élections communales débutera plus tard, du 11 mai à 00h00 jusqu’au 28 mai à 23h59.
Pendant ces périodes, les organes de presse privés sont tenus à « une plus grande rigueur dans la collecte, le traitement, la programmation et la diffusion de l’information », sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension immédiate de leur participation à la campagne.
Accès équitable et interdictions renforcées
Les médias privés doivent garantir à tous les candidats, partis politiques et listes retenus par la Direction générale des élections (DGE) et validés par la Cour suprême « des temps d’antenne et des espaces rédactionnels équitables ainsi que des conditions de programmation comparables » (article 10). Les prestations payantes supplémentaires sont autorisées, mais à tarifs identiques pour tous.
La HAC interdit également la diffusion de tout contenu pouvant inciter à la haine, nuire à la cohésion nationale, ou dénigrer un parti ou un candidat. Sont proscrits : chansons satiriques, jeux, spots, proverbes, caricatures, ainsi que les sondages d’opinion en lien avec le scrutin.
Vigilance sur l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux
Pour la première fois, la HAC consacre un chapitre entier (chapitre II) à l’encadrement des contenus numériques. L’article 17 interdit formellement :
· les contenus manipulés par l’IA à des fins de tromperie,
· les « hyperfakes » ou « deepfakes » (audio, vidéo, images) créant une ressemblance trompeuse avec des personnes ou des institutions,
· toute utilisation de l’IA visant à induire en erreur sur l’identité, les intentions ou les opinions d’acteurs politiques.
Les pages créées par les candidats sur les réseaux sociaux sont soumises aux mêmes principes que les médias traditionnels.
Discipline en fin de campagne et jour du scrutinm
Quarante-huit heures avant le scrutin, toute diffusion de message à caractère de propagande est interdite (article 18). Avant la fermeture du dernier bureau de vote, aucun résultat, même partiel, ne peut être communiqué par les médias privés. Seuls les résultats provisoires proclamés par la DGE pourront être relayés, en mentionnant à chaque fois leur caractère partiel et provisoire.
Sanctions et entrée en vigueur
Le non-respect des dispositions expose les contrevenants à des sanctions allant jusqu’à « la suspension immédiate de la participation à la campagne » (article 21). La décision, signée à Conakry le 25 avril 2026 par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, prend effet à compter de sa signature et sera publiée au Journal officiel de la République.
Laguinee.info







