Le gouvernement burkinabè a adopté, lors du Conseil des ministres du 2 avril 2026, deux mesures à fort impact social : un plan d’apurement de plus de 35 milliards FCFA pour solder le passif de l’Agence nationale de gestion des soins de santé primaire, et une réforme tarifaire de l’eau visant à mettre fin aux inégalités entre zones rurales et urbaines.
C’est dans la capitale Ouagadougou, sous la présidence d’Ibrahim Traoré, chef de l’État, que s’est tenue jeudi la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Une séance qui aura retenu l’attention par la portée des décisions entérinées.
Une dette sociale de 35 milliards à solder en sept mois
Le premier dossier lourd de la journée concernait la santé. Le ministre Robert Lucien Jean-Claude Kargougou a soumis au Conseil une communication portant sur le passif social de l’Agence nationale de gestion des soins de santé primaire — l’AGSP. Le chiffre est sans équivoque : plus de 35 milliards de FCFA de dettes accumulées, qu’il s’agit désormais d’apurer.
Pour y faire face, le gouvernement a arrêté un calendrier précis. Le plan d’apurement s’étendra sur sept mois, d’avril à octobre 2026. Une équipe pluridisciplinaire sera constituée pour piloter l’opération, associant des représentants de la Primature, des ministères de la Santé et des Finances, ainsi que d’autres structures publiques concernées.
Le porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a précisé à l’issue de la séance que l’objectif affiché est un règlement « participatif, méthodique, rigoureux et exhaustif » de cette dette sociale.
L’eau potable au même prix pour tous
L’autre décision phare de la journée est venue du ministère d’État en charge de l’eau. Le ministre Ismaël Sombié a présenté un décret réformant en profondeur l’Office national de l’eau et de l’assainissement, l’ONEA.
La mesure la plus immédiatement tangible pour les populations concerne les tarifs. Jusqu’à présent, un mètre cube d’eau dans la tranche sociale pouvait coûter jusqu’à 500 FCFA en milieu rural, contre 188 FCFA en zone urbaine et semi-urbaine. Une disparité que la réforme entend corriger d’un trait : le prix du mètre cube est désormais uniformisé à 188 FCFA sur l’ensemble du territoire national.
Au-delà des tarifs, le texte confie à l’ONEA la gestion centralisée de l’eau potable et de l’assainissement dans tout le pays, renforçant ainsi la cohérence du service public à l’échelle nationale.
Le ministre d’État Sombié a indiqué que cette réforme s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de réduire les inégalités et d’améliorer les conditions de vie des populations, « en particulier les plus vulnérables ».
Des réformes qui engagent l’avenir
Ces deux décisions, bien que distinctes dans leur nature, procèdent d’une même logique : corriger des déséquilibres structurels qui pesaient sur les citoyens les moins bien lotis. La mise en œuvre effective de ces mesures, notamment le respect du calendrier d’apurement de la dette de l’AGSP et le déploiement du nouveau tarif de l’eau sur tout le territoire, constituera le véritable test de leur portée réelle.
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