spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

Burkina Faso : Ibrahim Traoré affirme que « la démocratie ce n’est pas pour nous » et évoque le cas Damiba

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Dans un entretien télévisé exceptionnel, le chef de l’État burkinabè a assumé son rejet du modèle démocratique, donné des précisions sur le sort de son prédécesseur Paul-Henri Sandaogo Damiba et nié les accusations d’exactions contre les supplétifs de l’armée.

« Il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie ce n’est pas pour nous. » La phrase, martelée jeudi à la télévision d’État, résume à elle seule la ligne assumée par le capitaine Ibrahim Traoré.

Le chef de l’État burkinabè s’est exprimé pendant plus de deux heures, jeudi 2 avril 2026, sur la radiotélévision du Burkina (RTB), média d’État. Face à des journalistes burkinabè et étrangers,vparmi lesquels la télévision publique italienne Rai et la chaîne britannique Sky News, Ibrahim Traoré a réaffirmé sa position sur la démocratie. « Nous ne sommes pas dans une démocratie », avait-il déjà déclaré l’année dernière.

La transition politique devait initialement s’achever en juillet 2024 par des élections. Mais les autorités ont adopté une « Charte de la révolution » qui leur permet de rester au pouvoir cinq ans de plus à compter de juillet 2024. Ce texte autorise également le capitaine Traoré à se présenter aux « élections présidentielle, législatives et municipales », prévues en principe au terme de ces cinq années.

Interrogé sur le sort de son prédécesseur, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé à la tête du pays en janvier 2022, Ibrahim Traoré a été bref. Damiba, accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de renversement du pouvoir et poursuivi pour corruption, a récemment été extradé à Ouagadougou par le Togo, à la demande du Burkina Faso. « Un juge l’a déjà vu […] il est entre les mains de la justice », a déclaré Ibrahim Traoré, lui-même arrivé au pouvoir en septembre 2022.

Le dirigeant burkinabè a également abordé la question de la lutte antijihadiste. Il a indiqué que la Russie, son allié, fournit des équipements militaires. Mais il a tenu à préciser : « Personne ne forme l’armée burkinabè », et « sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui se battent ».

L’armée burkinabè et ses supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), sont régulièrement accusés par des organisations non gouvernementales de tuer des civils. Ibrahim Traoré a fermement nié ces faits. « Il n’y a pas de preuves », a-t-il affirmé.

Depuis son arrivée au pouvoir, son régime, hostile aux pays occidentaux et surtout à la France, a interdit ou suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux, dont Jeune Afrique, et expulsé certains de leurs journalistes.

Alors que la « Charte de la révolution » prolonge l’horizon électoral à 2029, les déclarations du capitaine Traoré sur l’inadaptation de la démocratie au Burkina Faso pourraient encore éloigner les perspectives d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

 

Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS