À l’annonce de sa mort, un proche de l’ancien commandant Toumba Diakité a accepté de témoigner, sous couvert d’anonymat. Il livre le portrait d’un homme habité par ses convictions, soucieux du destin de son pays jusqu’à ses derniers jours de détention à la prison de Coyah.
Il y a des mots qu’on n’oublie pas. Ceux que Toumba Diakité confiait depuis sa cellule en faisaient partie.
Mercredi, un communiqué annonçait officiellement la mort de l’ancien militaire. Dans les heures qui ont suivi, un proche, refusant de dévoiler son identité, a pris la parole pour dresser le portrait d’un homme que la prison n’avait pas réduit au silence.
Un homme de convictions, derrière les barreaux
Depuis la maison centrale de Coyah, Toumba Diakité continuait d’envoyer des messages. Des mots chargés de sens, selon ce témoin, qui décrit un homme animé d’une « très belle ambition pour ce pays » et soucieux de transmettre, même en détention, des valeurs à son entourage.
Sa philosophie tenait en quelques mots simples, répétés comme une boussole. « Tout ce qui arrive à l’être humain est voulu par Dieu », rappelait-il régulièrement à ses proches. Et dans cette même logique, ajoutait-il : « Dieu a donné, Dieu a repris. » Des paroles que le témoin décrit comme récurrentes, presque rituelles.
La jeunesse, « son souci quotidien, nuit et jour»
Mais c’est la jeunesse guinéenne qui semblait le préoccuper avant tout. Le proche rapporte que l’ancien commandant revenait sans cesse sur ce sujet, avec une inquiétude que rien ne semblait apaiser.
« Regarde comment la jeunesse est tombée dans la perversité, comment la jeunesse est partie de côté, quel est l’avenir de ce pays », lui aurait-il confié depuis sa cellule. Le témoin ne mâche pas ses mots pour qualifier ces préoccupations : elles constituaient, dit-il, « son souci quotidien, nuit et jour ». Une obsession bienveillante, celle d’un homme qui voyait dans la dérive de la jeunesse une menace directe pour l’avenir du pays.
Sur Mamadi Doumbouya, un appel à la prière
Le témoignage aborde également les propos que l’ancien militaire tenait au sujet du chef de l’État actuel, le général Mamadi Doumbouya. Loin de l’amertume attendue, c’est à l’indulgence et à la prière qu’il appelait.
« Mamadi vraiment, il est jeune, il ne faut pas l’en vouloir, il faut prier pour lui, certainement Dieu va l’aider », aurait-il confié. Avant d’ajouter, avec une lucidité qui frappait son entourage : « C’est le chef du pays, s’il sombre, c’est tout le monde qui sombre avec lui. » Des mots qui disent moins la rancœur que la conscience aiguë des responsabilités que porte celui qui gouverne.
Une famille dans la résilience
Quant à la famille de Toumba Diakité, le témoin la décrit en un mot : « très résiliente ». Une discrétion dans le deuil qui semble faire écho à l’état d’esprit de celui qu’ils ont perdu, lui qui voyait dans l’acceptation une forme de sagesse.
Reste désormais à savoir dans quelles circonstances précises est survenu ce décès, et quelles suites lui seront données par les autorités. Pour l’heure, les proches de l’ancien commandant gardent vivante la mémoire d’un homme qui, jusqu’au bout, pensait à son pays.
IAC, pour Laguinee.info







