La Guinée traverse une crise de liquidité qui devient récurrente depuis plusieurs mois. Pour trouver une solution à cette préoccupation, le président Mamadi Doumbouya a instruit l’impression d’un nouveau billet. Joint par Laguinee.info ce mercredi 18 mars, à travers un de ses reporters, Dr Alhassane Makanéra Kaké, économiste et l’universitaire, a parlé d’une alternative.
Dans ses instructions, le président Mamadi Doumbouya a dit au premier ministre Amadou Oury Bah qu’il accorde quatre mois à son gouvernement pour engager une réforme de modernisation des moyens de paiement, afin de réduire la dépendance excessive de l’économie guinéenne au numéraire.
Au téléphone avec Laguinee.info, l’universitaire Dr Kaké a estimé que ceci dépend de la volonté politique.
« Pour moi, si le président veut, ça se fait.
Parce que si tu ne fais pas, il est capable de te faire remplacer par un autre. C’est très simple. Il ne faut pas mettre quelqu’un là où il ne peut pas faire. Il dit quatre mois, il peut faire une mécanique d’évaluation mensuelle, celui qui est en retard, il le fait remplacer, vous verrez que ça marchera tout de suite », a-t-il répondu.
Pour cet économiste, faire face à la crise de liquidité dans le pays, nécessite de faire face d’abord à une rationalisation des dépenses publiques, la priorisation et la forte mobilisation des ressources publiques.
« Le gouvernement peut faire ça à son niveau et mettre en place un cadre de dialogue avec les agences économiques pour le développement de la monnaie électronique. Les deux pistes sont possibles et même à court terme. Il faudrait un autre cadre de dialogue dans la gestion des devises parce qu’on l’a raté depuis 1986. C’est pourquoi j’ai dit que c’était un long processus. Ce qu’on paye aujourd’hui a été sémé depuis 1986 avec les premières mesures d’agissement structurel. C’est ce qu’on est en train de payer maintenant. Donc ça devient encore sérieux », souligne-t-il.
Selon Dr Alhassane Makanéra Kaké, ce n’est que l’accumulation de la mauvaise gouvernance qu’on voit aujourd’hui.
« C’est-à-dire, l’arbre qui a été planté aujourd’hui dans les fruits amers. C’est ce que nous sommes en train de consommer. Donc, nous sommes venus au mauvais moment lorsque l’arbre commence juste à produire des fruits amers », a-t-il conclut.
Ismaël Sam, pour Laguinee.info







