À quelques jours de la fête de Ramadan, les salons de coiffure de la commune urbaine de Boké peinent à retrouver l’affluence habituelle des grandes occasions. Dans plusieurs établissements, les clients se font rares, une situation que de nombreux habitants et professionnels expliquent par les difficultés de liquidité qui secouent actuellement le pays, rapporte le correspondant régional de Laguinee.info basé à Boké.
Pour les coiffeurs, le contraste avec les années précédentes est net. Exerçant depuis 1999, Sékou Coumbassa dit ressentir durement cette baisse de fréquentation.

« Les clients viennent à contre-cœur. Les fêtes précédentes étaient meilleures que cette année. Je fais maintenant des coiffures simples. Actuellement, tous mes clients se plaignent. Ils ont du mal à payer le prix normal, donc je suis obligé de diminuer les tarifs pour les aider », explique-t-il.
Même constat chez Souleymane Yattara, installé à quelques mètres de la route nationale Boké–Sangarédi. Lui aussi évoque des journées marquées par l’attente, dans un contexte où la clientèle n’a plus les mêmes moyens.

« Pour le moment, les clients sont un peu rares. Personne ne peut venir dans un salon sans argent. Avec ce problème de liquidité, les clients ne viennent pas comme d’habitude. J’espère qu’à l’approche de la fête, la situation va s’améliorer et que les gens reviendront », confie-t-il.
Dans cette période habituellement favorable à leur activité, les artisans du secteur espéraient une plus grande affluence. Mais sur le terrain, beaucoup de familles disent aujourd’hui privilégier l’essentiel. Entre les dépenses liées à l’alimentation et l’achat des habits de fête, les services comme la coiffure passent souvent au second plan.
Malgré cette conjoncture, plusieurs coiffeurs gardent l’espoir d’un sursaut dans les derniers jours précédant la célébration, traditionnellement les plus animés. Ils misent sur cette période de dernière minute pour limiter les pertes déjà enregistrées.

Si la situation devait se prolonger, les acteurs du secteur redoutent un impact plus profond sur leurs activités, déjà fragilisées par le contexte économique. En attendant, chacun tente de s’adapter, tant bien que mal, dans l’espoir d’une amélioration à Boké.
De Boké, Amadou Oury Coumbassa, pour Laguinee.info







