L’agence Standard & Poor’s a relevé la perspective de la note souveraine de la Guinée de « stable » à « positive », tout en maintenant la note à B+. Une évolution commentée par l’ancien Premier ministre Kabiné Komara, qui met en avant ses implications économiques.
Un indicateur technique, mais un signal fort. La nouvelle appréciation de S&P repositionne la Guinée dans le regard des investisseurs.
Le vendredi 13 mars, l’agence de notation financière Standard & Poor’s (S&P) a annoncé le relèvement de la perspective de la note souveraine de la Guinée, passée de « stable » à « positive », tout en maintenant la note à B+.
Réagissant à cette décision, l’ancien Premier ministre Kabiné Komara a écrit sur sa page Facebook : « le relèvement de la note S&P fait franchir à la Guinée un cap majeur d’attractivité».
Dans son message, il précise le cadre de cette évolution en rappelant : « L’agence de notation financière internationale Standard & Poor’s (S&P) a annoncé, ce vendredi 13 mars, sa décision de relever la notation souveraine de la Guinée, passant de B+ avec perspective stable à B+ avec perspective positive. »
Selon S&P, cette décision s’appuie sur des analyses approfondies, notamment les données du Fonds monétaire international (FMI) issues des consultations au titre de l’article IV. Une base que reprend également Kabiné Komara dans sa publication : « Cette décision s’appuie sur un ensemble d’analyses approfondies et d’avis convergents, notamment les données indépendantes du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des consultations au titre de l’article IV. »
Quatre facteurs clés sont mis en avant. D’abord, le renforcement des réserves de change de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), qui ont triplé pour atteindre plus de 4 milliards de dollars américains à fin décembre 2025. À ce sujet, Kabiné Komara souligne : « Le renforcement exceptionnel des réserves de change de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), qui ont largement dépassé les prévisions en triplant pour atteindre plus de 4 milliards de dollars américains à fin décembre 2025 ».
Ensuite, la progression des recettes publiques, en hausse de 46 % en 2025 : « La forte progression des recettes publiques, en hausse de 46 % en 2025 », écrit-il.
S’y ajoutent des perspectives de croissance soutenue : « Une croissance du PIB réel projetée à 10 % sur la période 2026-2029, portée notamment par le lancement du programme Simandou 2040 ».
Enfin, l’ancien Premier ministre évoque également le contexte institutionnel : « La fin de la période d’exception et la levée progressive des différentes sanctions ».
Dans son analyse, Kabiné Komara met en avant les perspectives à court terme : « Mieux encore, grâce à l’amélioration continue des réserves de change et de la position extérieure du pays, S&P n’exclut pas une nouvelle révision à la hausse de la notation souveraine de la Guinée dans un horizon de 12 à 18 mois. »
Il insiste également sur l’impact de cette évolution sur l’image du pays : « Cette évolution renforce significativement l’attractivité de la destination “Guinée” auprès des investisseurs internationaux, positionnant davantage le pays parmi les économies africaines les plus dynamiques. »
Dans un contexte international marqué par des évolutions contrastées, il souligne : « À titre de comparaison, le même 13 mars, S&P a abaissé la notation souveraine à long terme du Botswana de BBB à BBB- avec perspective négative, ainsi que sa note à court terme de A-2 à A-3, illustrant un contraste notable dans les trajectoires économiques. »
Toutefois, l’ancien chef du gouvernement appelle à la vigilance : « Cependant, malgré ces performances encourageantes, les autorités sont appelées à la vigilance. Aucun pays n’est aujourd’hui à l’abri des chocs externes, notamment liés aux tensions géopolitiques internationales, susceptibles d’affecter les cours du pétrole et d’accroître les coûts de transport, en particulier dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz. »
Il évoque également les priorités à venir : « Dans ce contexte, la Guinée devra accélérer la valorisation de ses ressources naturelles, diversifier ses échanges commerciaux et renforcer la mobilisation des ressources internes, tout en améliorant la fluidité de la circulation monétaire. »
Sur la question des liquidités, il note : « Sur ce dernier point, il est à noter que la BCRG s’est engagée à corriger les dysfonctionnements observés dans la distribution des liquidités au sein du système financier, notamment à travers des injections significatives visant à faciliter les retraits bancaires et à soulager les populations. »
Enfin, Kabiné Komara met en avant les perspectives de financement : « Dans ces conditions, les perspectives restent favorables. L’arrivée prochaine d’institutions financières internationales telles que Bpifrance, UK Export Finance et US Eximbank, qui ouvre désormais l’accès au financement des projets privés guinéens avec des maturités allant jusqu’à plus de sept ans, témoigne d’un regain de confiance des partenaires financiers. »
Et de conclure : « D’ici 18 mois, la Guinée pourrait ainsi consolider sa crédibilité auprès des investisseurs et des bailleurs de fonds. Plus que jamais, la consolidation de ces acquis nécessitera l’engagement de tous les acteurs. »
Entre amélioration des indicateurs et attentes de consolidation, la Guinée entre dans une phase où la crédibilité financière devra se traduire dans la durée.
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