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Ramadan à Kountia : salons vides, coiffeurs à bout de souffle à quelques jours de la fête

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À quelques jours de la fête de Ramadan, les marchés s’éveillent, les étals débordent, les préparatifs s’accélèrent. Mais dans les salons de coiffure de Kountia, une autre scène se joue. Silencieuse. Inquiétante. Les chaises restent désespérément vides.

Cet après-midi, dans plusieurs salons parcourus, le constat est sans appel : pas de file d’attente, pas de bousculade, pas cette pression habituelle qui annonce les grandes veillées de coiffure d’avant fête. Juste des regards suspendus à la porte… et des minutes qui s’étirent.

Soulaymane cherif, coiffeur

Souleymane Chérif, coiffeur, ne tourne pas autour du pot: « Non, il n’y a pas de clientèle. Il y a quelques personnes qui viennent au compte-gouttes. Tu le constates, il n’y a personne actuellement. »

Soulaymane cherif, coiffeur

Le contraste avec l’année passée est brutal. À la même période, les salons refusaient du monde. Aujourd’hui, ils attendent: « Il y a une très grande différence entre cette année et l’année dernière. L’année dernière, nous avions commencé à recevoir les gens dès le lendemain de la nuit du 26e jour du Ramadan. Néanmoins, nous gagnons quelques clients. Même hier, nous avons travaillé jusqu’à 00 heure, mais les clients viennent un à un », poursuit-il.

Dans un autre coin du quartier, Mohamed Lamine Camara s’accroche à l’espoir. Assis devant son salon, téléphone en main, il guette le moindre mouvement.

Mohamed Lamine camara coiffeur

« Je pense bien qu’il y aura de la clientèle. Après aujourd’hui, les gens vont commencer à venir. Ce n’est pas comme auparavant, mais j’ai l’espoir que les jours à venir seront promoteurs pour nous. »

Un client passe. Puis plus rien.

Pour Alhassane, le diagnostic est clair, sans détour : la crise de liquidité.

« Le problème, c’est la crise de liquidité qui fait tout cela. Les gens n’ont pas d’espèces. Et quand c’est comme ça, les citoyens vont forcément souffrir. Et nous, les coiffeurs, nous avons besoin d’espèces, pas de dettes. Si un client n’a pas d’argent, il préfère rester chez lui.»

Dans les salons, l’attente devient presque une épreuve. Chaque heure sans client pèse. Chaque chaise vide rappelle une réalité plus large : celle d’un pouvoir d’achat fragilisé.

À mesure que la fête approche, une seule question reste suspendue dans l’air : la ruée de dernière minute aura-t-elle lieu ?

Les coiffeurs, eux, n’ont plus que ça. L’espoir.

IAC, pour Laguinee.info

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