Au lendemain du sommet tripartite de Conakry, les réactions officielles se multiplient autour de la crise frontalière entre la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Autorités guinéennes et dirigeants régionaux mettent en avant une issue diplomatique et la volonté d’éviter toute escalade.
Après les tensions, les mots changent de ton : place à l’apaisement et aux engagements publics.
Sur la même situation, le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a réagi sur son compte Facebook en évoquant une situation proche de la rupture.
« Nous étions à un doigt de la guerre. L’arbre à palabres africain a fini par éteindre le feu. Merci à leurs Excellences : Président Général Mamadi Doumbouya, Président Joseph Nyuma Boakai, Président Brigadier (Rtd) Maada Bio. »
Du côté de la Sierra Leone, le président Julius Maada Bio a également pris la parole à l’issue de la rencontre. Dans un message publié en anglais, il a salué les conclusions du sommet et l’esprit des échanges.
Il affirme qu’« à l’issue du sommet tripartite sur les différends frontaliers tenu à Conakry, les dirigeants ont réaffirmé leur engagement à maintenir la stabilité le long de leurs frontières communes, à renforcer la coopération sécuritaire et à consolider les relations de bon voisinage entre leurs trois pays ».
Le président sierra-léonais ajoute : « J’exprime ma gratitude au président Boakai et au président Doumbouya pour leur ouverture et la qualité des échanges tout au long de nos discussions. »
Les autorités libériennes, à travers la page officielle « Executive Mansion Liberia », ont pour leur part publié un communiqué détaillé sur les conclusions de la rencontre.
Le texte indique que les trois chefs d’État ont convenu « de privilégier une résolution pacifique et diplomatique des tensions frontalières en cours », à l’issue de consultations tenues à Conakry dans le cadre de l’Union du fleuve Mano.
Le communiqué précise que la réunion s’est déroulée « dans une atmosphère cordiale et franche » et s’est conclue par l’adoption d’un communiqué conjoint mettant l’accent sur le dialogue plutôt que sur le recours à la force.
Parmi les décisions annoncées, les dirigeants ont convenu de « maintenir le statu quo des positions frontalières actuelles pendant la poursuite des négociations », afin de préserver les liens commerciaux, économiques et culturels entre les communautés vivant de part et d’autre des frontières.
Ils ont également réaffirmé l’importance de « préserver la stabilité, renforcer la coopération sécuritaire et approfondir les relations de bon voisinage ».
Le document revient sur plusieurs engagements, notamment :
- le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la coexistence pacifique ;
- la résolution des différends par des moyens diplomatiques, conformément à la Charte des Nations Unies ;
- le renforcement des patrouilles conjointes, du partage de renseignements et des mécanismes de communication entre forces de sécurité ;
- la lutte coordonnée contre l’insécurité, le terrorisme et la criminalité transnationale ;
- le développement des activités économiques dans les zones frontalières ;
- la promotion de l’intégration régionale, notamment dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie et de la libre circulation.
Les chefs d’État ont aussi instruit les services techniques d’engager rapidement des discussions pour prévenir les incidents, faciliter le dialogue local et poursuivre les travaux de clarification et de démarcation des frontières.
Enfin, il a été décidé de convoquer, dans un délai d’un mois, un sommet de l’Union du fleuve Mano afin de renforcer la coopération en matière de paix, de sécurité et de développement, ainsi que d’organiser des visites de travail réciproques entre les pays concernés.
Le communiqué souligne que ces consultations devraient « contribuer à apaiser les tensions, restaurer la confiance entre les communautés affectées et favoriser la reprise des activités économiques transfrontalières ».
Après la montée des tensions, les engagements sont désormais posés. Reste à leur donner corps sur le terrain, là où la crise a pris racine.
Laguinee.info







