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Dissolution des partis politiques : Cellou Dalein Diallo accuse le pouvoir en place de « mise à mort programmée de la démocratie »

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Après  la dissolution de plusieurs partis politiques en Guinée, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, est sorti de son silence à travers une allocution au ton particulièrement virulent. Dans un message adressé aux responsables, militants et sympathisants de sa formation ainsi qu’au peuple guinéen, l’opposant dénonce une dérive autoritaire du pouvoir de transition et appelle à une mobilisation nationale.

D’entrée, le leader politique décrit un pays plongé dans une crise profonde, marquée selon lui par l’effondrement progressif des acquis démocratiques et la montée d’un climat de répression.

« À cette étape critique de notre histoire, où notre vivre-ensemble est menacé, notre avenir commun est hypothéqué, personne n’a envie d’entendre des discours sans effets ni lendemains. Chacun attend des actes, des actes capables d’apporter les changements espérés par notre peuple », affirme-t-il.

Pour Cellou Dalein Diallo, la population guinéenne ne se satisfait plus de promesses politiques. Il estime que la situation exige désormais des décisions concrètes afin de restaurer les libertés publiques et les droits fondamentaux.

« Les mots ne suffisent plus à apaiser les colères et à réparer les injustices. Le temps est venu d’agir pour laver les affronts, rétablir les libertés publiques et garantir le respect des droits de l’homme », insiste-t-il.

Le 5 septembre 2021 présenté comme le début d’un déclin

Dans son discours sur la situation politique du pays, l’ancien Premier ministre désigne le coup d’État du 5 septembre 2021 comme le point de rupture qui aurait enclenché, selon lui, une spirale de dérives politiques et institutionnelles.

« Nous nous rendons compte que le 5 septembre 2021 a été le début d’un véritable déclin national, le point de départ de toutes sortes de dérives. La volonté délibérée de la junte de ruiner nos acquis démocratiques et de remettre en cause nos droits et libertés n’est plus un mystère », déclare-t-il.

Selon lui, chaque étape de la transition aurait aggravé la situation politique du pays.

« Chaque fois que nous pensons avoir touché le fond de l’abîme, une nouvelle escalade nous précipite davantage dans les ténèbres. Ces dernières heures, un palier supplémentaire a été franchi dans la déshumanisation de notre société et la mise à mort programmée de la démocratie et de l’État de droit », affirme-t-il.

De graves accusations contre le pouvoir de transition

Dans son allocution, Cellou Dalein Diallo formule de lourdes accusations contre les autorités dirigées par le général Mamadi Doumbouya. Il estime que le pays est désormais gouverné dans un climat de peur et de répression.

« Mamadi Doumbouya et son clan se permettaient tout, et maintenant ils ne s’interdisent plus rien », lance-t-il.

L’opposant accuse les autorités de s’être arrogé des pouvoirs absolus.

« Après s’être pris pour le peuple en se substituant à lui, un groupe de prédateurs se prend pour Dieu en s’arrogeant le droit de vie et de mort sur les citoyens et les partis politiques », déclare-t-il.

Selon lui, ce système reposerait sur un climat de terreur destiné à réduire au silence toute voix dissidente.

« Ce groupe se maintient par le climat de terreur qu’il entretient et la répression sanglante qu’il utilise pour intimider et frapper toutes les voix dissonantes », accuse-t-il.

Violations des droits humains dénoncées

Le président de l’UFDG affirme que le coup d’État a été suivi d’une série de violations graves des droits humains.

« Le coup d’État sanglant, contrairement au discours décliné à l’occasion et aux dispositions de la Charte de la Transition, a été suivi de restrictions drastiques des libertés publiques et de violations massives des droits humains », soutient-il.

Dans son discours, il évoque des faits particulièrement graves

« Certaines relèvent des crimes contre l’humanité : assassinats ciblés, disparitions forcées, enlèvements, séquestrations. Même les personnes les plus fragiles, les enfants, les femmes et les personnes âgées ne sont pas épargnées », affirme-t-il.

La dissolution des partis au cœur des critiques

La récente dissolution de partis politiques est présentée par Cellou Dalein Diallo comme une décision visant à éliminer les principales forces politiques du pays.

« Mamadi Doumbouya vient d’ajouter à son sinistre bilan de restrictions des libertés publiques et de violations des droits humains la décision injuste de dissolution des partis politiques les plus représentatifs de la scène politique », déclare-t-il.

Selon lui, cette décision viserait à remodeler le paysage politique guinéen.

« N’ayant aucune légitimité quelconque ni la moindre assise électorale ou politique, Mamadi Doumbouya et son clan malfaisant voudraient réécrire l’histoire du pays en effaçant du paysage politique toutes les forces susceptibles de porter ombrage à son Parti-État en cours de formation », accuse-t-il.

L’opposant estime que l’objectif serait d’imposer un système politique dominé par un parti unique.

« On affiche fièrement une volonté claire et morbide d’instaurer la pensée unique, un parti-État afin de consacrer un exercice solitaire du pouvoir au détriment de la souveraineté populaire », poursuit-il.

« Il n’existe plus d’espace démocratique »

Dans ce contexte, Cellou Dalein Diallo considère que la Guinée ne dispose plus d’un espace démocratique fonctionnel.

« Il n’existe plus d’espace civique et démocratique. Les droits politiques et les libertés fondamentales, après avoir été piétinés, sont aujourd’hui purement et simplement supprimés », affirme-t-il.

Face à cette situation, il appelle à une mobilisation générale.

« Dès lors, il n’y a plus d’autre alternative que de s’engager dans une résistance frontale, une lutte courageuse de libération de notre pays », déclare-t-il.

Selon lui, cette lutte s’impose désormais comme une nécessité.

« Cette lutte s’impose à nous comme un devoir moral et une nécessité historique », ajoute-t-il.

Appel à la mobilisation nationale

Le leader de l’UFDG appelle les militants de son parti et l’ensemble des citoyens attachés aux libertés à se mobiliser.

« J’exhorte les responsables, militants et sympathisants de l’UFDG, tous les Guinéens épris de liberté et de justice, à se lever comme un seul homme et à recourir à tous les moyens pour mettre fin à ce régime d’exception qui n’a que trop duré », déclare-t-il.

Il affirme que les voies politiques traditionnelles ne permettraient plus d’obtenir de changements.

« Nous savons désormais que ce n’est ni par le dialogue, ni par la voie démocratique, ni par les moyens légaux qu’on obtiendra des changements politiques et le retour à l’ordre constitutionnel », affirme-t-il.

Appel à l’union des forces démocratiques

Dans la suite de son discours, Cellou Dalein Diallo appelle à l’unité des forces politiques et sociales du pays.

« J’en appelle à l’union sacrée des forces vives du pays pour réunir toutes les conditions et se donner toutes les chances d’une victoire sans appel », déclare-t-il.

Il estime que les divisions politiques doivent être dépassées.

« Nos clivages actuels et les rancœurs passées sont à reléguer au second plan si nous voulons être unis et forts afin de parvenir rapidement à notre objectif de libérer notre pays de la dictature », affirme-t-il.

« La dictature ne passera pas »

Dans la conclusion de son allocution, le leader politique se dit convaincu que les régimes autoritaires finissent toujours par tomber.

Citant Thomas Jefferson, il rappelle :

« Quand l’injustice devient loi, la résistance devient un devoir ».

Avant de conclure par un message de défi.

« La dictature ne passera pas, les tyrans tomberont tous, soyez-en sûrs. Vive la lutte, vive la résistance patriotique, vive le peuple de Guinée, libre et souverain », lance-t-il.

Laguinee.info 

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