À quelques mois de la tenue des élections législatives et communales, le juriste Kalil Camara est revenu sur le mode de scrutin prévu pour le renouvellement du Parlement guinéen, afin de clarifier le fonctionnement du scrutin mixte et les modalités de répartition des sièges.
Selon la Constitution et le code électoral guinéen, le scrutin législatif repose sur un système mixte. Un tiers des députés est élu au scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle, tandis que les deux tiers restants sont désignés au scrutin majoritaire uninominal ou plurinominal par circonscription électorale. Kalil Camara précise que, pour ce scrutin national proportionnel, seuls les partis politiques peuvent présenter des candidats ; la liste de candidature indépendante n’est pas recevable.
Sur les 147 députés que compte le Parlement, 49 seront élus au titre de la liste nationale – ce tiers étant obtenu en divisant le nombre total de députés (147) par trois. Le reste, soit 98 députés, sera élu dans les circonscriptions selon le scrutin majoritaire.
Pour attribuer les sièges à la représentation proportionnelle, il faut d’abord calculer le quotient électoral, explique le juriste. Il est obtenu en divisant le nombre de suffrages valablement exprimés par le nombre de sièges à pourvoir. À titre d’exemple, si 90 000 suffrages sont exprimés pour les 49 sièges nationaux, le quotient électoral sera 90 000 divisé par 49. Les voix obtenues par chaque liste sont ensuite divisées par ce quotient pour déterminer le nombre de sièges attribués à chaque parti.
Kalil Camara précise toutefois que il peut arriver qu’il reste des sièges après cette première répartition. Dans ce cas, la Constitution et le code électoral prévoient que ces sièges soient attribués en faveur des candidatures féminines et des personnes en situation de handicap, selon le principe de la plus forte moyenne.
Le juriste détaille le calcul de cette moyenne : “La moyenne de chaque liste est calculée en divisant le nombre de ses voix par celui de sièges qu’elle a obtenus, plus un siège fictif. Ce calcul favorise les partis minoritaires. Qu’une liste ait obtenu ou pas de siège dans la première opération, elle se voit attribuer un siège fictif.” Cette méthode permet donc de renforcer la représentation des femmes et des personnes en situation de handicap tout en respectant la proportionnalité des votes.
Kalil Camara conclut : “Les listes de candidats ayant eu la plus forte moyenne favorisent les candidatures féminines et celles des personnes en situation de handicap. Cela garantit une représentation plus équilibrée et inclusive, tout en respectant les principes du scrutin proportionnel.”
Avec l’annonce officielle de la date des élections, les partis politiques sont désormais appelés à finaliser leurs listes et à préparer leur stratégie pour maximiser leurs chances, en particulier dans la répartition des sièges au scrutin de liste nationale.
Laguinee.info







