La commune urbaine de Sanoyah a été le théâtre de vives tensions ce mercredi matin au marché du Km 36. Des affrontements ont opposé les forces de l’ordre à des vendeuses protestant contre une opération de déguerpissement, destinée selon les autorités locales à libérer les emprises routières et réorganiser l’activité commerciale. La mobilisation des commerçantes a conduit à l’usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Une opération contestée dès les premières heures
Très tôt, les abords du marché étaient le théâtre d’une forte agitation. La municipalité affirme avoir prévu un site de recasement pour les commerçantes concernées, afin de fluidifier la circulation et sécuriser l’espace public. Sur le terrain, les vendeuses rejettent catégoriquement le transfert, dénonçant un manque de concertation et de transparence. Elles estiment que ce déplacement menace directement leur survie économique.

Une médiation syndicale pour apaiser la colère
Alerté par la situation, El hadj Sidy Barry, responsable de la FESYCOF-Guinée, est intervenu pour tenter d’ouvrir un dialogue. « J’ai échangé avec elles sur le terrain. La commune affirme avoir aménagé un endroit approprié, mais les vendeuses estiment que ce site est inconnu et mal situé. De plus, le marché des fruits est sectorisé. Elles ne comprennent pas pourquoi une partie seulement doit partir alors que d’autres restent. Elles réclament un traitement équitable : soit tout le monde part ensemble, soit personne ne bouge. C’est ce sentiment d’injustice qui a provoqué leur colère », a-t-il expliqué.
Le syndicaliste a également pointé un déficit de communication de la part des autorités, accentuant la méfiance. « Bien que la rue ne soit pas faite pour le commerce, en tant que responsables de la fédération, nous ignorons encore où se situe exactement ce fameux lieu de recasement. C’est une situation compliquée », a-t-il ajouté.
Un enjeu de survie économique
Au-delà de la question de l’espace public, cette crise met en lumière la précarité économique des familles dépendantes du petit commerce. Pour El hadj Sidy Barry, toute décision de déguerpissement doit prendre en compte les réalités sociales : « Nous avions déjà alerté lors de notre investiture la semaine dernière : la concentration humaine au Km 36 est immense. Si les dispositions ne sont pas prises à temps, cela débordera. Il faut comprendre que le Guinéen vit au jour le jour. Si nos mamans ne sortent pas vendre, la famine s’installe dans les foyers. Ce sont elles qui nourrissent les familles et paient la scolarité des enfants. »
Appel à des solutions concertées
Face au risque d’escalade, le responsable syndical a appelé à l’intervention urgente des autorités nationales, notamment du ministère du Commerce et de la Présidence de la République. Il plaide pour une solution inclusive, fondée sur le dialogue et le respect de la dignité des commerçantes : « Il est impératif de trouver des solutions dignes et concertées pour ces femmes. Elles ne demandent pas l’anarchie, mais simplement le droit de travailler dans des conditions claires, justes et humaines. »
En attendant, la situation reste tendue au Km 36, où les commerçantes menacent de poursuivre leur mobilisation tant que leurs préoccupations ne seront pas prises en compte.
IAC, pour Laguinee.info
IAC, pour Laguinée.info







