À une journée de la Saint-Valentin, le marché du Km 36, à Conakry, présente un visage transformé. Il y a une semaine, de larges portions du marché ont été détruites lors d’opérations de déguerpissement. Les étals bien installés ont disparu. Les commerçants ont dû trouver de nouvelles manières de vendre leurs articles. Robes rouges, bouquets de fleurs, montres, sacs à main et accessoires trônent désormais sur des bâches posées à la hâte ou sont transportés à la main dans les allées.
Malgré le désordre, la Saint-Valentin reste une opportunité économique cruciale. Pour beaucoup de vendeurs, ces deux jours avant la fête sont décisifs.
Assis derrière plusieurs sacs de fleurs artificielles, Abdoulaye Soumah observe les passants d’un air inquiet.
« Cette année, c’est compliqué. Le marché est détruit, on n’a plus de place pour exposer correctement nos marchandises. Pourtant, on a tout acheté pour la Saint-Valentin. Si les clients ne viennent pas aujourd’hui ou demain, on risque de tout perdre », confie-t-il.
À quelques mètres, une vendeuse déambule avec un seau de fleurs, appelant les passants à chaque occasion :
« Fleurs ! Achetez pour vos amours ! »
Faute d’espace fixe, elle doit se déplacer sans cesse pour trouver des acheteurs. Elle avoue vendre à perte sur certains articles afin d’éviter les invendus après la fête.
« Aujourd’hui, je vends des sacs à 10 000 francs juste parce que je n’ai pas de place. Demain, il sera trop tard. »
Dans les allées, des clients continuent de passer, certains hésitent, d’autres décident rapidement. Mabinty Camara, venue acheter une rose rouge et un sac pour surprendre son compagnon, se dit satisfaite des prix.
« J’ai trouvé un joli sac à 10 000 francs et une fleur rouge à 15 000 francs. Ce n’est pas cher, et demain, ça fera plaisir », raconte-t-elle en souriant.
Les commerçants improvisent également des stratégies pour attirer les derniers clients. Certains offrent des promotions, d’autres conservent les achats déjà payés jusqu’au 14 février pour préserver la surprise.
« Beaucoup viennent payer aujourd’hui mais veulent récupérer le cadeau demain. On doit gérer tout ça tout en continuant à vendre dans des conditions difficiles », explique Aïssatou Bah, vendeuse d’accessoires.
À quelques heures de la fête, le marché du Km 36 est un mélange de tension et d’espoir. Les commerçants jonglent avec des étals réduits, des clients encore hésitants et des stocks périssables. Mais chacun tente de tirer profit de ces dernières heures avant le 14 février.
Pour les vendeurs, la Saint-Valentin n’est pas seulement une fête des amoureux. C’est aussi un test de résilience et d’adaptabilité. Dans les allées improvisées du Km 36, robes, fleurs et accessoires continuent de défier les obstacles, témoignant que, malgré les destructions, le commerce et l’amour se frayent toujours un chemin.
IAC, pour Laguinee.info







