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« on ne nous a jamais manipulés. Nous avons établi un protocole… », martèle Dr Lamarana Petty Diallo

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Dr Lamarana Petty Diallo a enseigné à l’Université de Conakry pendant une dizaine d’années avant de poursuivre ses études postuniversitaires en France, à Bordeaux. Enseignant en France de 1992 à 2021, il s’est ensuite engagé en politique au sein du principal parti de l’opposition de l’époque, l’UFDG. Il y a fondé le Mouvement des réformateurs, une structure visant à réformer le parti UFDG, mais sans succès. À la suite de cet échec, l’acteur politique a rejoint le parti de l’actuel Premier ministre, Amadou Oury Bah. Dans une interview accordée à un journaliste de Laguinee.info, ce lundi, il est revenu sur cette rupture, exposant sa vision et ses attentes vis-à-vis du parti UDRG.

Laguinee.info : Pourquoi vous qvez quitté l’UFDG pour rejoindre l’UDRG de Bah Oury ?

Les raisons sont très claires, très nettes et précises. Dans une carrière politique, on doit avoir une voix. On doit avoir une ligne politique, voir une idéologie politique. Nous avions une ligne politique qui n’a pas changé. Il fallait qu’on la mette en pratique. Cependant, on n’a pas pu le faire au niveau des réformateurs. Comme mouvement politique. Nous voulions réformer l’UFDG de l’intérieur, en amenant des cadres avec nous, il y a eu une base, une source, si vous voulez un élément déclencheur. C’est l’exclusion de certains cadres dont moi-même, des membres de la direction nationale de l’UFDG, les bureaux exécutifs qui sont en France comme en Guinée, Comme M. Gaoual Diallo, en France, comme M. Souleymane Bah, aux Etats-Unis, comme M. Mamadou Diallo, qu’on appelle M. Tapie et bien d’autres. Donc, ça a tourné au conflit. Nous avons essayé de le résoudre à l’intérieur. Ça n’a pas marché. Nous avons dit que comme ça ne marche pas, on tourne la page de l’UFDG en créant un parti politique, avec nos cadres, nos structures qui sont implantées tant à l’intérieur qu’à l’étranger. Cette perspective non plus n’a pas marché. Il fallait rester là, stagné, ne rien faire, parler dans le vide. Non. Nous avons dit que si on ne crée pas un parti politique, c’est-à-dire mené par les réformateurs, nous allons intégrer un parti politique qui a la même vision que nous. C’est-à-dire la vision 1, Réformer le système politique en général. 2. D’accompagner le changement. Ceci ne peut pas aller dans un mouvement. Les mouvements sont soit sporadiques, circonstanciels, Mais nous sommes un parti politique. Nous avons une carrière politique. Nous œuvrons pour mettre en place un parti politique soit accompagner le système politique qui nous convient. Ce qui justifie que nous soyons aujourd’hui de l’UDRG, c’est-à-dire l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée, dirigée par Amadou Oury Bah, le PM guinéen.

Il faut le dire si les réformateurs avaient évolué, si on les avait laissés évoluer, nous ne serions pas aujourd’hui ailleurs ou nous serions ailleurs en alliance avec un parti politique. Donc nous avons décidé d’adhérer intégralement de manière choisie et responsable à l’UDRG pour accompagner le processus de changement enclenché en Guinée depuis 2021.

Lors de votre interview dans un media de la place, vous avez déclaré que le mouvement des réformateurs était condamné, comment ?

Quand un parti politique stagne, c’est la même chose, soit on évolue soit on est statique et ça ne marche pas en politique. La politique c’est la marche. La politique c’est le mouvement. La politique c’est l’action. Donc si vous créez un mouvement qui n’évolue pas vers un parti politique, forcément ce mouvement disparaît. C’est pour cela que nous avons dit que le mouvement est en danger.

Est-ce que le mouvement était dans les normes ?

Absolument le mouvement avait été déclaré. Nous l’avions enregistré sauf que c’est un enregistrement. Ce n’est pas un agrément. Les mouvements ne sont pas agrémentés. Ils n’ont pas de statut ou de reconnaissance statutaire au niveau de l’administration guinéenne. Ils sont encadrés, mais c’est totalement différent d’un parti politique.

Quelle est votre idéologie ?

C’est ce que nous étions. C’est un parti démocratique. C’est un parti ouvert à la perspective du changement. C’est ce que nous voulions. Ces trois axes en eux seuls justifient qu’on soit à l’UDRJ. Il s’agit notamment de l’Idées libérales, Aspiration au changement et à la participation de la construction ou de la refondation, c’est comme un contrat du pays.

Vous avez échoué avec le Mouvement des réformateur au sein de l’UFDG, certains vous qualifie des « manipules ». quelle est votre réaction ?

La voie politique est une voie sinueuse. L’essentiel, c’est de pouvoir se redresser. Un échec, certes, parce que notre projet fondamental n’a pas réussi. C’est-à-dire, refonder l’ufdg. Le deuxième projet, former un parti politique a été bloqué. On ne peut pas nier qu’il y a échec quelque part. Mais, Si on sait qu’on a une conviction, qu’on a un sentiment patriotique, on ne peut pas parler d’échec. On ne peut parler que de cheminement politique. Maintenant, quant à dire que X ou Y a été manipulateur, peut-être que le manipulateur s’est trompé de cible. Parce qu’il est autant fort que lorsqu’il croit que l’autre est manipulé. Et nous, on ne nous a jamais manipulés. Nous avons établi un protocole. Nous avons discuté les termes. Nous avons eu des rencontres ensemble. Nous sommes convenus sur ce protocole d’accord. Qui consiste à quoi ? Aller vers les 3 axes ou conserver les 3 axes que je viens de définir.

Il y a plusieurs politique en Guinee et au sein du mouvement le réformateur, mais pourquoi le choix est porté sur vous seul ? Est-ce un deal ?

Non, il n’y a pas de deal. Le deal, c’est marchand. Non, c’est une conjonction d’idées. C’est-à-dire, le Libéralisme, participation à la construction du pays mais aussi une ligne politique ouverte à tous les partis politiques. Ce qui justifie d’ailleurs que le Premier ministre ait fait appel aux partis politiques.

Quels sont nos projets avec l’UDRG?

Déjà, c’est d’être pleinement dans la GMD. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que M. Bah est à la fois Premier ministre mais aussi, il a l’insigne honneur du Président de la République de poser les bases structurelles de la GMD. Et là, nous ne pouvons pas être absents. Parce que dès le départ, nous avons soutenu et publiquement, et parmi les premiers la voie tracée par le CNRD. Nous sommes les premiers et j’insiste. Certes, on ne le dit pas assez. Pour nous, c’est une continuité. On a trouvé à l’UDRG la solution ou l’une des solutions tout au moins d’aller vers notre objectif.

J’èspere que vous n’êtes pas parti à l’udrg pour faire parti à l’ufdg comme certains l’ont fait ?

Je viens de vous dire que depuis longtemps au sein des réformateurs, nous avions tourné la page de l’UFDG. Depuis longtemps, donc il n’y a pas de raison qu’on aille ailleurs pour réveiller les morts. Ensuite, M. Bah était de l’UFDG. Il en est sorti. Est-ce que vous l’entendez parler de ce parti aujourd’hui ? Il suit son cheminement. Ce qui est mauvais dans la vie politique, c’est d’aller partout sans avoir une vision politique. Ça, c’est la migration. Sinon, c’est tout simplement une poursuite d’un cheminement politique. Nous ne sommes nulle part pour parler de l’UFDG. Partout où nous serons, c’est pour mobiliser. Et avec ça, nous avons les fédérations de l’intérieur et de l’extérieur. Personne n’est notre cible. Aucun parti n’est notre cible. Nous avons une seule envie, c’est de participer pleinement à la mise en place de la GMD pour que le pays avance.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de ce parti ?

Nos attentes vis-à-vis du parti, ce sera d’abord des attentes collectives. Vous savez bien que nous sommes à une jonction, à deux voies. M. Bah Oury doit fonder la GMD. Il est le président attitré de l’UDRG. Il va falloir trouver les voies et les moyens de passage de passerelle de l’UDRG vers la GMD. Mais cela appartient au Premier ministre qui a déjà donné des indications lors de sa dernière rencontre pour celui qui a bien suivi.

Avec votre intégration au sein de l’UDRG, Quelle avenir pour la politique guinéenne ?

Il faut savoir qu’elle a emprunté un tournant. Nous sommes sortis. Il faut le souligner d’un système de partis se disant démocratique pour des présidents à vie. Troisième mandat. Nous sommes sortis de cela. Nous sommes sortis de ce système qui consiste à dire que les élections sont démocratiques, transparentes et le mandat est limité. Et on se lève un matin pour dire troisième mandat, éventuellement quatrième mandat. Là, nous avons deux septennats clairs.

Votre mot de la fin?

Je le disais tantôt quel que soit notre bord politique, nous devons se donner les noms pour que ce premier septennat réussisse. Alors ça peut aller sous forme de fusion, ça peut aller sous forme d’alliance. L’essentiel est que tout cela se passe librement dans l’entente et en mettant la Guinée au centre de l’enjeu. Quelle que soit la vision politique nous devons savoir que nous sommes tous des Guinéens. Le pluralisme politique est une nécessité. Ce n’est pas une fin en soi. Ce n’est pas une opposition radicale. C’est tout simplement la sève de la démocratie. Mais il faut savoir composer. Il faut savoir quand toute chose la modération doit peser. Il faut savoir que si on réussit, nous réussissons tous ensemble. Et si on échoue, ceux qui auraient préféré œuvrer pour l’échec vont échouer avec ceux qui ont fait échouer. D’où l’intérêt. D’où l’équation. Le seul intérêt c’est la Guinée. La seule solution à cette équation c’est le progrès de la Guinée. C’est la paix nationale. C’est la solidarité. C’est la continuité politique et historique de notre pays. Qui, il faut le dire, est un pays qui a inspiré l’Afrique. La Guinée est une inspiration de l’Afrique depuis les indépendances. Nous devons continuer à l’être. Nous devons garder la tête haute au sein de toutes les institutions nationales. De toutes les institutions internationales. Autrement dit, nous devons nous ancrer dans la démocratie mondiale.

Interview réalisée par:

IAC, pour Laguinee.info

 

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