Le Premier ministre Amadou Oury Bah, par ailleurs directeur national de campagne du président élu Mamadi Doumbouya lors de la présidentielle du 28 décembre, a rencontré vendredi 6 février 2026 à Conakry les responsables des partis et mouvements alliés de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD).
Au cours de cette rencontre, plusieurs sujets ont été abordés, notamment les scrutins à venir, la candidature et l’élection de Mamadi Doumbouya, la légitimité du pouvoir en place, la démission du gouvernement après l’élection présidentielle, ainsi que l’élargissement de la GMD, avec en perspective sa transformation en parti politique.
Face à ses interlocuteurs, Amadou Oury Bah a clairement défendu l’idée de rassembler les forces politiques autour d’un seul parti, estimant que les coalitions ne tiennent pas dans la durée.
« L’expérience a prouvé que ce type d’attelage ne peut pas résister dans un processus de transformation d’un pays. Vous connaissez le RPG Arc-en-ciel. L’expérience, qu’est-ce que ça a donné ? »
Le chef du gouvernement a mis en garde contre les querelles internes et les intérêts divergents qui, selon lui, fragilisent les coalitions politiques et ouvrent la voie à l’instabilité.
« Nous n’avons pas le droit, dans le contexte actuel, de recréer les conditions de l’instabilité dans le pays, faute de lignes politiques claires pour faire fonctionner les institutions », a-t-il affirmé.
Pour appuyer son argumentaire, Bah Oury s’est référé à des exemples dans la sous-région, citant notamment le Niger, le Mali et le Burkina Faso, où l’affaiblissement ou l’éclatement de partis dominants aurait contribué à l’instabilité politique.
« L’existence de partis politiques structurés sur l’ensemble du territoire national est une condition de stabilité », a-t-il rappelé, citant une déclaration publique de l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou.
Selon le Premier ministre, la Guinée se trouve face à la même équation et doit éviter une fragmentation politique après les réformes engagées ces dernières années.
« Après tout ce qui a été fait, allons-nous rester les bras croisés et aller vers une possible déstabilisation ? Non », a-t-il tranché, justifiant ainsi la création envisagée d’un parti politique unique autour de la GMD.
Sur la méthode, Amadou Oury Bah a indiqué que les partis et mouvements alliés recevront prochainement des projets de statuts, de règlement intérieur et de manifeste. Il a précisé que l’adhésion se fera à titre individuel.
« L’adhésion individuelle signifie que ceux qui adhèrent renoncent à leur parti politique. Moi-même, président de l’UDRG, je renonce à l’UDRG en tant que parti politique », a-t-il déclaré.
Reconnaissant la difficulté de cette démarche pour des responsables politiques ayant construit leurs partis pendant des années, il a néanmoins appelé à des sacrifices au nom de l’intérêt national.
« Ce n’est pas facile, mais l’intérêt du pays et la dynamique enclenchée méritent des sacrifices », a conclu le Premier ministre.
Les positions restent partagées parmi les alliés de la GMD. La décision finale d’adhérer ou non à ce projet de parti unique appartient désormais aux acteurs concernés. L’évolution du processus permettra d’en mesurer la portée politique.
Laguinee.info







