Reconduit à la tête du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), le général Ibrahima Kalil Condé a prononcé, le 5 février 2026, son discours de prise de fonction à Conakry. Devant les membres du gouvernement, les responsables administratifs et territoriaux, ainsi que sa famille, le ministre a rappelé le rôle central de son département et décliné les priorités de l’action publique pour les années à venir, dans un contexte marqué par des échéances électorales majeures.
Dès l’entame, le ministre reconduit a placé sa confirmation sous le signe de la confiance présidentielle et de la responsabilité nationale. « En me confirmant dans mes fonctions à la tête du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Son Excellence le Président de la République, Mamadi Doumbouya, m’accorde une nouvelle marque de confiance », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que cette confiance « honore », mais « oblige devant la Nation, devant l’État et devant chaque citoyen de Guinée ».
Un ministère présenté comme pilier de la République
Le général Ibrahima Kalil Condé a insisté sur le caractère stratégique du MATD, qu’il a décrit comme un maillon essentiel de l’architecture institutionnelle. « Diriger ce ministère, ce n’est pas occuper une fonction. C’est porter la colonne vertébrale territoriale de la République », a-t-il affirmé. Dans la même logique, il a rappelé que « lorsque l’administration territoriale fonctionne, l’État tient debout », soulignant le lien direct entre efficacité administrative, stabilité institutionnelle et cohésion nationale.
Dans son propos, le ministre a également exprimé sa reconnaissance au Premier ministre, Amadou Oury Bah, pour son « soutien constant », ainsi qu’à sa famille pour l’accompagnement dans l’exercice de ses fonctions.
Une vision axée sur une administration forte et proche des citoyens
Au cœur du discours, la vision défendue repose sur le renforcement de l’État à partir des territoires. Le ministre a parlé d’une administration « forte, moderne, impartiale et performante », qu’il souhaite « respectée parce que juste, crédible parce que professionnelle, proche parce que humaine, ferme parce que républicaine ». Cette orientation est, selon lui, en cohérence avec le programme de développement SIMANDOU 2040, « dont les fruits doivent bénéficier à tous les fils et filles du pays ».
Dans un passage marquant, il a insisté sur l’équité territoriale : « Aucun village, aucun district, aucune commune, aucune préfecture ne doit se sentir abandonné. L’État doit être visible, présent et protecteur pour chaque citoyen. »
Pour y parvenir, plusieurs axes d’action ont été cités : le renforcement des capacités des gouverneurs, préfets et sous-préfets, la modernisation des circonscriptions administratives, la digitalisation de l’état civil, la sécurisation administrative du territoire et une meilleure coordination entre services déconcentrés et collectivités locales. « L’autorité de l’État ne se proclame pas. Elle se démontre par l’efficacité quotidienne », a-t-il résumé.
Des élections annoncées comme un test majeur
Le discours a accordé une place importante aux prochaines échéances électorales, notamment les législatives, communales, régionales et sénatoriales. Pour le ministre, ces scrutins « ne sont pas de simples formalités », mais « le cœur battant de la démocratie ».
À ce sujet, il a pris un engagement clair : « Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation sera un acteur strictement républicain et impartial. » Il a promis un fichier électoral fiable, une logistique maîtrisée, des opérations sécurisées et une administration neutre, rappelant les précédents processus électoraux organisés, dont le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle de 2025.
Il a salué le travail des cadres du MATD, en particulier ceux du Programme national de recensement administratif à vocation d’état civil et de la Direction générale des élections, estimant que leur « implication républicaine » a contribué à engager le pays « sur la voie de la renaissance ». « La crédibilité des élections est la condition première de la paix sociale », a-t-il insisté.
Appel à la mobilisation des cadres et engagement personnel
S’adressant directement aux cadres du ministère, le général Condé a souligné leur rôle central dans la réussite des réformes. « Aucune réforme ne réussira sans vous. Vous êtes les visages de l’État », a-t-il déclaré, appelant à la loyauté, à l’éthique et à la rigueur dans le service public.
Il a enfin pris un engagement personnel : « Mon action sera guidée par un seul principe, l’intérêt supérieur de la Nation. » Dans la perspective du premier mandat de la Ve République, il a appelé à faire des prochaines années un cycle marqué par la transparence, la discipline et l’approfondissement de la décentralisation.
Concluant son allocution, le ministre a invité l’ensemble des acteurs à « préparer des élections crédibles » et à « bâtir une administration de développement ».
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