La transition en Guinée-Bissau s’ajuste sous la pression régionale. Moins d’une semaine après avoir fixé les élections législatives et présidentielle à décembre 2026, les autorités de transition dirigées par le général de division Horta INTA-A ont officiellement acté une série de concessions exigées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Dans un communiqué publié depuis Abuja, l’organisation régionale « salue les mesures prises récemment par les autorités de transition de la République de Guinée-Bissau visant à favoriser un environnement politique inclusif et à faire progresser le retour du pays à l’ordre constitutionnel ». Ces engagements ont été formalisés dans une lettre datée du 29 janvier 2026, adressée par le président de la transition bissau-guinéenne au président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, Julius Maada Bio.
Sur le plan politique, Bissau accepte une ouverture partielle du pouvoir. Selon la CEDEAO, les autorités ont annoncé la « formation d’un gouvernement de transition inclusif, avec trois postes ministériels attribués respectivement au PAIGC et au groupe politique dirigé par M. Fernando Dias Da Costa ». Cette reconfiguration vise à associer l’opposition au processus décisionnel durant la période transitoire.
L’élargissement concerne également l’organe législatif. Dix représentants issus de ces deux formations politiques font leur entrée au Conseil national de transition, une mesure présentée par la CEDEAO comme un pas vers un cadre institutionnel plus représentatif.
La question des détenus politiques, au cœur des tensions récentes, figure aussi parmi les annonces. Les autorités bissau-guinéennes évoquent la « libération de tous les prisonniers politiques », assortie d’une mesure spécifique concernant Domingos Simões Pereira. Le président du PAIGC, incarcéré à la prison centrale, a été transféré en assignation à résidence, avec une amélioration de ses conditions de détention.
Sur le volet sécuritaire, un revirement notable est acté. Bissau a procédé au « retrait de la demande de départ de la Mission de soutien à la stabilisation de la CEDEAO en Guinée-Bissau (ESSMGB) », confirmant ainsi le maintien de la coopération avec l’organisation régionale.
Si la CEDEAO accueille favorablement ces décisions, elle maintient toutefois la pression. Dans son communiqué, l’institution « exhorte toutes les parties prenantes à collaborer en vue d’une transition pacifique et crédible menant à des élections démocratiques ». Elle insiste également sur deux exigences clés : « la libération complète et effective de M. Domingos Simões Pereira » et « la garantie des droits et libertés fondamentaux pour tous les citoyens ».
Tout en réaffirmant son « soutien indéfectible au peuple de la Guinée-Bissau », la CEDEAO rappelle que ces engagements devront se traduire par des actes concrets et durables. À Bissau, ces concessions marquent un infléchissement stratégique de la transition, dont la crédibilité sera désormais jugée à l’aune de leur mise en œuvre effective.
Laguinee.info







