À la veille de l’investiture du général Mamadi Doumbouya comme président de la République de Guinée, la Coordination nationale de Tournons La Page (TLP-Guinée) a publié, le 16 janvier 2026, un communiqué de presse (REF/N002/CP/TLP-GUINÉE/2026) exprimant sa profonde préoccupation face à une « épidémie de disparitions forcées, d’enlèvements arbitraires, des multiples violations graves des droits humains et des libertés publiques » observée depuis le coup d’État militaire du 5 septembre 2021.
Selon TLP-Guinée, depuis l’avènement du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) au pouvoir, « nous assistons à une gouvernance fondée sur la corruption, le kidnapping, la torture, l’enlèvement arbitraire, la disparition forcée, le traitement inhumain et dégradant des voix dissidentes ». Le mouvement cite notamment des militants de la société civile contraints à l’exil et des opposants « arbitrairement détenus, et d’autres, comme Oumar Sylla dit Foniké Menguè, Mamadou Bilo Bah, Habib Marouane Camara et autres, ont disparu après avoir été enlevés par les autorités guinéennes».
Le communiqué dénonce également la répression exercée contre les citoyens « qui exerçaient leur droit à la liberté d’expression, de réunion et de manifestation pacifique, entraînant la mort d’au moins 70 personnes, dont des enfants et des civils non impliqués entre 2022 et 2025 ».
TLP-Guinée interpelle directement le Général Mamadi Doumbouya et le CNRD, les enjoignant à « révéler le sort d’Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah, de libérer ceux portés disparus qui sont encore détenus arbitrairement ou de les présenter devant un juge indépendant ; [et] mettre fin à la répression systématique et à la violence inouïe contre les voix dissidentes ».
Par ailleurs, l’organisation appelle les Chefs d’État, les délégations étrangères, les institutions internationales et les missions diplomatiques présentes à Conakry à agir. Il demande « de soutenir l’ouverture d’une enquête internationale, notamment au sein des instances du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH); des Groupes de travail des Procédures Spéciales de l’ONU et de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) », et de « suspendre toute coopération sécuritaire et militaire avec les forces de défense et de sécurité guinéennes impliquées dans la répression sanglante, tant que les auteurs et responsables de la disparition d’Oumar Sylla, Mamadou Billo Bah, Habib Marouane Camara et autres ne sont pas identifiés, poursuivis et sanctionnés ».
La Coordination nationale de TLP-Guinée, qualifiée de « sentinelle de la démocratie, des droits humains et de la bonne gouvernance », réaffirme son engagement à « œuvrer de manière pacifique pour les libertés fondamentales inhérentes à la vitalité de la démocratie guinéenne ».







