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Kindia : étudiant, Ibrahim Baldé transforme une pépinière en entreprise

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Alors qu’il était encore étudiant à l’Université de Kindia, Ibrahim Baldé a fait un choix peu ordinaire : entreprendre plutôt que d’attendre la fin de ses études. Parti d’une petite pépinière de près de 2 000 plants, il affirme disposer aujourd’hui de plus de 20 000 plants et avoir vendu plus de 50 000 plants en trois ans.

Son aventure est née d’un besoin simple : trouver une activité capable de lui procurer des revenus tout en poursuivant ses études.

Une idée née des besoins de son entourage

Avant même l’obtention de son baccalauréat, Ibrahim Baldé avait déjà des activités génératrices de revenus. Après le bac, son orientation vers l’Université de Kindia l’amène à réfléchir davantage à son autonomie financière.

« Après le bac, je suis venu à Kindia. En tant qu’étudiant, ce n’était pas facile de trouver des activités génératrices de revenus. Le soutien de la famille ne permettait pas toujours de couvrir toutes les dépenses d’un étudiant », explique-t-il.

L’idée de créer une pépinière lui vient notamment des demandes répétées de son entourage. Son frère lui demandait régulièrement de lui trouver des plants d’orangers, de manguiers et d’autres arbres fruitiers.

Ibrahim Baldé y voit alors une opportunité.

« Je me suis dit : pourquoi ne pas produire moi-même ces plants puisque la demande existe ? », raconte-t-il.

Il décide alors de se rapprocher de personnes déjà engagées dans cette activité. Il observe, apprend et se lance progressivement.

Étudier le matin, travailler à la pépinière ensuite

Le jeune entrepreneur doit rapidement apprendre à gérer deux activités à la fois : les études et la pépinière.

Son emploi du temps universitaire lui laisse trois jours de cours par semaine. Il consacre les autres journées à son activité. Même les jours de cours, il se rend à la pépinière après les enseignements pour arroser et entretenir ses plants.

Pour lui, cette organisation repose avant tout sur la gestion du temps.

« Je n’aime pas rester sans rien faire. J’ai donc appris à gérer mon temps entre les études et l’activité », souligne-t-il.

Les premiers obstacles

Les débuts ne sont pourtant pas simples. Le manque de financement limite d’abord sa capacité de production.

À cela s’ajoute un problème de terrain. La première parcelle qu’il utilise n’est pas adaptée à l’installation d’une pépinière. Il avait déjà commencé à disposer les sachets lorsqu’on lui explique que le site, situé dans une zone basse, pouvait accumuler de l’eau.

Il doit alors déplacer toute son installation.

L’accès à l’eau constitue également une difficulté. La source disponible se trouve loin de la pépinière, ce qui complique l’entretien quotidien des plants.

Ces difficultés ne suffisent cependant pas à l’arrêter.

De 2 000 à plus de 20 000 plants

Trois ans après ses débuts, Ibrahim Baldé affirme avoir considérablement développé son activité.

La production, qui tournait autour de 2 000 plants au départ, dépasse aujourd’hui 20 000 plants. Il estime également avoir vendu plus de 50 000 plants en trois ans.

Sa pépinière propose notamment des plants d’orangers, de manguiers, de citronniers, d’avocatiers, de pamplemoussiers, de mandariniers, de tangelos, de corossoliers, de goyaviers, ainsi que du café et du cacao.

L’activité reste toutefois saisonnière. Les principales ventes interviennent pendant la saison des pluies. Ibrahim Baldé affirme réaliser aujourd’hui plus de 50 millions de francs guinéens de chiffre d’affaires annuel.

Quand il fallait choisir entre rentrer et continuer

La période la plus difficile survient après l’obtention de sa licence. Sa famille souhaite alors le voir rentrer à Conakry pour chercher un emploi.

Lui décide de rester à Kindia.

La saison sèche rend l’activité encore plus contraignante. Il faut continuer à arroser et entretenir les plants alors que les ventes diminuent. Les moyens restent limités.

C’est dans cette période de doute qu’il fait le choix de poursuivre.

« J’ai décidé de croire en mon rêve et de continuer quoi qu’il arrive. Avec de la persévérance, j’ai réussi à développer l’activité », affirme-t-il.

Une activité qui crée déjà des emplois

La pépinière emploie actuellement deux personnes de manière directe. Selon les besoins, Ibrahim Baldé fait également appel à d’autres jeunes pour certaines tâches, notamment le chargement des pots ou le greffage.

Son ambition est d’aller plus loin. Il souhaite augmenter progressivement ses effectifs et créer davantage d’emplois directs et indirects autour de l’activité.

Objectif : 50 000 plants en production en 2027

Pour les prochaines années, Ibrahim Baldé veut changer d’échelle.

Il vise 50 000 plants en production en 2027 et souhaite faire de son entreprise une référence dans la production de plants en Guinée.

Il envisage également de diversifier sa production avec de nouvelles variétés fruitières et forestières encore peu disponibles dans le pays.

« Il faut commencer avec les moyens dont on dispose »

À travers son parcours, Ibrahim Baldé veut surtout transmettre un message aux étudiants et aux jeunes qui souhaitent entreprendre.

Selon lui, il ne faut pas attendre d’avoir beaucoup d’argent ou de réunir toutes les conditions avant de commencer.

« Il faut croire en son idée et oser commencer, même si les débuts sont difficiles. Il faut utiliser les moyens dont on dispose, apprendre de ses erreurs et ne pas abandonner », conseille-t-il.

Pour lui, l’agriculture représente une véritable opportunité pour la jeunesse guinéenne. Il estime que les ressources disponibles peuvent permettre aux jeunes de créer des activités, des emplois et de participer au développement du pays.

« Moi-même, j’ai choisi de poursuivre mon activité malgré les obstacles et, aujourd’hui, je continue à croire en mon rêve », conclut-il.

Ibrahima Diallo, stagiaire pour Laguinee.info 

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