Dans un garage de Cité Enco5, au milieu des carcasses et des pistolets à peinture, elle ponce, redresse, peint. À 15 ans, Mawa Camara est la seule femme d’une équipe de tôliers. Un choix assumé qui force le respect.

Le marteau claque sur la tôle. L’air est chargé de poussière et d’odeur de peinture. Au milieu des épaves, une silhouette en combinaison bleue tachée : Mawa Camara. Elle ponce avec application une portière accidentée. Concentrée. Méthodique.
À 15 ans, elle est la seule femme à exercer comme tôlière-peintre dans ce garage de Cité Enco5.

Un métier choisi, dit-elle, par passion. Pas par défaut:
« Parfois, les gens qui entrent au garage sont étonnés de me voir ici », sourit-elle. Au début, le regard des autres pesait.
« Au début, j’avais un peu honte. Je voyais les autres filles bien habillées en ville et moi, en tenue de travail sale. Maintenant, ça ne me fait plus rien. Je sais que c’est ce travail qui va me rendre propre demain. »
Son horizon est clair : apprendre, progresser, puis ouvrir un jour son propre atelier.
La seule restée
Arrivée il y a deux ans, elles étaient deux jeunes filles à tenter l’aventure. L’autre a abandonné. Mawa s’est accrochée.

Son patron, Souleymane Sagno, maître tôlier, se souvient :
« Elles étaient deux au début. Une seule est restée : Mawa. Depuis, elle a énormément progressé. Même les clients sont surpris par la qualité de son travail et son courage. »
Pour lui, la démonstration est faite : « Tout ce que les garçons peuvent faire, les filles peuvent le faire aussi. »
Ses collègues confirment. Mohamed Sagno, ouvrier dans le même atelier :
« Mawa est très courageuse et respectueuse. Elle a plus progressé que certains garçons arrivés avant elle. »

Entre deux coups de marteau et un jet de peinture, Mawa Camara continue. Sans discours, sans slogan.
Son objectif tient en une phrase : prouver que la compétence n’a pas de genre.
Mamadou Alimou Barry, Stagiaire pour Laguinee.info





