Le parquet du Tribunal de Première Instance de Guéckédou passe à l’offensive contre les chantiers publics abandonnés. Il a ordonné aux autorités locales de lui transmettre sous 7 jours un rapport détaillé sur tous les projets d’utilité publique à l’arrêt.
Une instruction formelle sous 7 jours
Dans le cadre des investigations ouvertes sur les retards et abandons de chantiers d’intérêt public, le parquet de Guéckédou a instruit les autorités compétentes de transmettre, dans un délai impératif de sept jours, un état détaillé de l’ensemble des chantiers en souffrance dans leurs circonscriptions respectives.
Cette instruction est prise conformément aux articles 47 et suivants du Code de procédure pénale.
Pour chaque chantier, le parquet exige :
sa dénomination et sa localisation exacte ;
l’autorité contractante ou le maître d’ouvrage ;
l’identité et l’adresse complète du représentant de l’entreprise adjudicataire ou exécutante ;
la date de lancement des travaux et le délai contractuel d’exécution ;
le niveau d’avancement physique et financier ;
les causes précises des retards, suspensions ou abandons ;
toute information permettant d’identifier les personnes physiques ou morales dont la responsabilité pourrait être engagée.
Le procureur : « Des fonds importants investis, mais les travaux n’avancent pas »
Joint, le procureur explique le sens de cette démarche.
« Cette décision est motivée par la volonté d’obtenir des éclaircissements sur les raisons des retards et de l’abandon de certains chantiers au niveau des communes de Guéckédou. Comme vous le savez, l’État a investi des fonds importants dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des citoyens, notamment à travers la réalisation de routes, d’édifices publics et de terrains de football« , a-t-il déclaré.
Il déplore des blocages sans justification apparente :
« Malheureusement, certains contrats ont été passés depuis trois à quatre ans, mais les travaux n’avancent pratiquement pas, sans que l’on puisse connaître les motifs réels de ces retards ou de ces abandons. »
Selon le parquet, cette démarche s’inscrit dans les investigations visant à moraliser la gestion des biens publics et à lutter contre la corruption, afin de situer les responsabilités et de faire appliquer la loi.
Des sanctions annoncées en cas de non-collaboration
Le parquet rappelle que tout refus de collaborer, tout retard injustifié dans la transmission des informations ou toute communication de renseignements inexacts est susceptible d’entraîner les conséquences prévues par les lois et règlements en vigueur.
À travers cette instruction, les autorités judiciaires entendent faire toute la lumière sur l’exécution des projets financés sur fonds publics dans la préfecture de Guéckédou et établir, le cas échéant, les responsabilités des différents acteurs impliqués.
De Guéckédou, Hawa Sitan Camara, correspondante pour Laguinee.info





