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Dar-es-salam : « Nous dormons à la belle étoile », des riverains de la décharge interpellent les autorités

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À Dar-es-salam, dans la commune de Ratoma, l’opération de démolition des habitations situées sous la décharge se poursuit. Quelques jours après l’éboulement qui a fait plus de 30 morts, les autorités ont engagé la destruction des constructions considérées comme exposées aux risques.

Ce jeudi 27 août 2026, les opérations se sont poursuivies sur le site, plongeant plusieurs familles dans le désarroi. Entre cris de détresse, larmes et appels à l’aide, les habitants concernés disent ne plus savoir où aller après la destruction de leurs maisons.

« Nous dormons à la belle étoile. Nous n’avons pas où aller », déplore Aboubacar Camara, qui affirme vivre à Dar-es-salam depuis 1977.

Selon lui, Dar-es-salam était autrefois un quartier comme les autres de Conakry, bien avant l’installation de la décharge.

« C’est à Dar-es-salam que nous sommes nés et avons grandi. Dans le temps, ici n’était pas une décharge. C’était un quartier comme les autres à Conakry », explique-t-il, tout en appelant le gouvernement à prendre des dispositions pour reloger les familles affectées par les démolitions.

Le même appel est lancé par Sory Camara, qui dit avoir perdu le fruit de plusieurs années de travail.

« Nous sommes avant tout des Guinéens. Ils ont cassé nos maisons, le fruit de plusieurs années de durs labeurs. On ne peut pas être plus fort que l’État. Mais que le président Mamadi Doumbouya nous trouve des logements. Nous faisons pitié », plaide-t-il.

En larmes, M’Mahawa Camara raconte, elle aussi, son désarroi après la démolition de ses deux maisons.

« Je suis ici depuis le régime de Sékou Touré. Mes deux maisons ont été cassées et je ne sais plus où aller aujourd’hui. Mon mari est malvoyant et nous avons presque fini notre vie. Nous conservions ces maisons pour nos enfants. Aujourd’hui, nous ne savons plus que faire », témoigne-t-elle.

La riveraine affirme par ailleurs que ses habitations avaient été enregistrées par les services compétents, mais qu’elle ignore désormais vers quelle structure se tourner pour faire valoir ses droits.

« Ils ont certes enregistré nos maisons, mais nous ne savons pas auprès de qui faire valoir nos droits », ajoute-t-elle.

Face à cette situation, les familles touchées par les démolitions demandent aux autorités de prendre en compte leur situation sociale et de mettre en place une solution de relogement, alors que l’opération se poursuit autour de la décharge de Dar-es-salam.

Ismaël Sam, pour Laguinee.info 

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