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Guinée : les enseignants communaux réclament neuf mois d’arriérés de salaire et la régularisation de leurs droits

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La Coordination nationale des enseignants communaux retenus de Guinée (CNECRG), en collaboration avec l’Union des fonctionnaires locaux de Guinée (UFLG), interpelle l’Intersyndicale de l’Éducation sur plusieurs revendications. Dans un mémorandum daté du 10 août 2026, les enseignants réclament notamment le paiement de neuf mois d’arriérés de salaire, la revalorisation de leurs primes, l’application de quatre échelons et leur reclassement selon leurs diplômes.

Dans ce document adressé aux secrétaires généraux du SNE, de la FSPE et du SLECG, la CNECRG demande à l’Intersyndicale de porter ces revendications auprès des autorités compétentes et d’obtenir leur régularisation avant la prochaine rentrée scolaire.

Neuf mois d’arriérés de salaire réclamés

La première revendication concerne les salaires dus au titre de la période précédant leur prise en charge effective par l’État.

La Coordination s’appuie sur l’article 5 du protocole d’accord additionnel du 4 avril 2024, signé entre l’État, à travers notamment le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation et le ministère du Travail et de la Fonction publique, d’une part, et l’Intersyndicale de l’Éducation ainsi que la Coordination nationale des enseignants contractuels de Guinée, d’autre part.

Selon ce protocole, rappelle la CNECRG, l’État s’était engagé à procéder au rappel des salaires dus pour la période allant de janvier à juin 2024, soit six mois, avec une prise en charge annoncée pour juin 2024.

Les enseignants affirment cependant que leur prise en charge effective n’est intervenue qu’en octobre 2024.

Ils estiment que ce retard a porté à neuf mois la période des salaires non perçus, couvrant désormais janvier à septembre 2024.

« À ce jour, force est de constater qu’aucun paiement de ces arriérés n’a été effectué, en dépit des engagements formellement pris par les autorités compétentes », affirme la Coordination dans son mémorandum.

Elle demande ainsi « le paiement intégral et sans délai » de ces neuf mois d’arriérés.

Des primes d’incitation jugées inadaptées

Les enseignants communaux contestent également le niveau de leurs primes d’incitation et d’affectation.

Dans leur document, ils expliquent que la majorité d’entre eux est affectée dans les zones 3 et 4, notamment dans les sous-préfectures et les districts. Ils affirment pourtant continuer à percevoir des primes correspondant aux zones 1 et 2.

Selon la CNECRG, les montants actuellement perçus se situent entre 600 000 et 700 000 francs guinéens.

La Coordination affirme, en comparaison, que des enseignants exerçant dans les mêmes localités mais ne relevant pas des collectivités locales percevraient des primes comprises entre 1 million et 1,3 million de francs guinéens.

Les enseignants considèrent cette différence comme une « rupture manifeste du principe d’égalité de traitement entre agents publics placés dans une situation identique ».

Ils demandent donc « la révision immédiate » de leurs primes d’incitation et d’affectation nationale, leur mise en conformité avec les zones d’affectation ainsi que la régularisation rétroactive des droits financiers.

Quatre échelons également réclamés

Autre point soulevé dans le mémorandum : l’application d’une mesure portant attribution de quatre échelons aux agents publics et aux contractuels permanents.

La Coordination affirme que le président de la République, Mamadi Doumbouya, avait décidé en décembre 2024 d’accorder quatre échelons à l’ensemble des agents publics et des contractuels permanents, avec une prise d’effet en 2025.

Les enseignants communaux estiment être concernés par cette mesure en raison de leur intégration à la Fonction publique.

« En dépit de notre qualité d’agents de l’État régulièrement intégrés à la Fonction publique, nous demeurons exclus du bénéfice de cette mesure », écrivent-ils.

Ils demandent par conséquent « l’application immédiate de cette mesure à l’ensemble des enseignants mis à la disposition des collectivités locales ».

Des diplômes qui ne seraient pas pris en compte

Le quatrième volet concerne le reclassement professionnel.

La CNECRG affirme qu’un nombre important de ses membres détient des licences professionnelles, des maîtrises ou d’autres diplômes délivrés par des établissements d’enseignement supérieur, citant notamment l’ISEG.

Selon la Coordination, certains de ces enseignants restent pourtant classés dans la hiérarchie A1, alors que d’autres agents publics titulaires de diplômes similaires bénéficieraient d’un classement supérieur dans leurs corps respectifs.

Les enseignants estiment que cette situation crée une différence de traitement dans la gestion des carrières.

Ils demandent ainsi le « reclassement des nouveaux fonctionnaires mis à la disposition des collectivités locales » concernés, conformément aux diplômes détenus et aux dispositions réglementaires en vigueur.

L’Intersyndicale sollicitée avant la rentrée

Au terme de leur mémorandum, la CNECRG et l’UFLG demandent à l’Intersyndicale de l’Éducation de porter ces revendications auprès des autorités compétentes et d’en assurer le suivi.

Les enseignants souhaitent notamment que leur situation soit régularisée avant l’ouverture prochaine des classes.

Ils demandent également un « suivi permanent jusqu’au rétablissement intégral » de leurs droits.

Pour l’heure, ces revendications sont portées par la Coordination nationale des enseignants communaux retenus de Guinée et l’Union des fonctionnaires locaux de Guinée. Le mémorandum a été signé par Manka Soumah, coordinateur national, et Mohamed Fofana, président.

La suite qui sera donnée à ces demandes par les autorités et l’Intersyndicale de l’Éducation devrait permettre de préciser les mesures envisagées concernant les arriérés de salaire, les primes, les échelons et le reclassement des enseignants concernés.

Laguinee.info

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