Au rond-point Cosa, certaines commerçantes installent leurs étals à proximité immédiate de la voie ferrée. Légumes, poissons, choux et autres produits sont exposés chaque jour à quelques mètres des rails. Malgré le passage régulier du train et les risques liés à cette proximité, ces vendeuses continuent leur activité. Elles demandent aux autorités un espace mieux aménagé et plus sécurisé.

Chaque matin, les commerçantes prennent place le long de la voie ferrée. Les étals se remplissent progressivement de légumes frais, de poissons, de choux et de différents condiments utilisés dans les ménages.
À quelques mètres seulement, les rails rappellent pourtant que le lieu est aussi un passage emprunté régulièrement par le train.
Ici, vendre nécessite une attention constante. Les commerçantes doivent rester vigilantes et se tenir prêtes à déplacer leurs marchandises dès qu’un train approche.

Selon les vendeuses rencontrées sur place, le train passe généralement plusieurs fois dans la journée. Avec le temps, elles disent avoir développé des habitudes pour éviter de rester sur les rails au moment du passage de l’engin.
Fatoumata Binta, commerçante dans ce marché depuis plusieurs années, explique comment elles s’organisent.
« Je suis dans ce marché depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de catastrophe. Quand le train arrive, on nous alerte avec un coup de sifflet et nous nous déplaçons avec nos marchandises. Nous éloignons aussi les enfants. Après le passage du train, nous revenons nous installer », témoigne-t-elle.

Mais cette organisation ne supprime pas totalement le risque. Les déplacements rapides avec les marchandises peuvent être difficiles, notamment lorsque plusieurs vendeuses doivent libérer leur espace en même temps.
Les clientes qui fréquentent le marché sont elles aussi exposées à cette situation. Certaines s’approchent des rails pour faire leurs achats, tout en restant attentives au passage du train.
Habibatou Diallo fait partie des habituées du marché.
« C’est ici que je fais mes courses tous les jours. Quand le train passe, je reste à l’extérieur du marché ou à une distance raisonnable. Quand il n’y a pas de train, je fais mes achats normalement », explique-t-elle.
Pour les commerçantes, quitter cet emplacement n’est cependant pas une décision facile. Malgré les risques, le marché constitue une importante source de revenus pour plusieurs familles.
Fatoumata Binta souhaite donc voir les autorités proposer une solution qui permettrait aux vendeuses de poursuivre leurs activités dans un environnement plus sécurisé.
« Pour le moment, c’est ici que nous gagnons notre bénéfice. Mais nous souhaitons aussi que les autorités nous viennent en aide pour avoir un nouveau marché », plaide-t-elle.
Cette demande est également liée au manque d’infrastructures commerciales adaptées dans cette partie de Cosa. Pour les vendeuses, disposer d’un espace organisé permettrait non seulement de sécuriser les commerçantes et leurs clientes, mais aussi d’améliorer les conditions de travail.
Au rond-point Cosa, les activités commerciales continuent donc au rythme du train. À chaque coup de sifflet, les étals se déplacent et la circulation reprend. Quelques minutes plus tard, une fois le train passé, les marchandises retrouvent leur place.
Entre nécessité économique et risques liés à la proximité de la voie ferrée, ces commerçantes continuent ainsi de travailler dans l’attente d’un espace commercial mieux adapté à leurs besoins.
Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire pour Laguinee.info





