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Marché de Cosa : le poisson devient un produit de plus en plus difficile d’accès

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Au marché de Cosa, l’achat du poisson frais est devenu plus compliqué pour de nombreux ménages. Les vendeuses dénoncent la hausse des prix d’approvisionnement et la baisse des bénéfices, tandis que les consommateurs constatent une augmentation des dépenses alimentaires. Sur les étals, cette situation traduit les difficultés d’un secteur confronté à plusieurs contraintes.

 

Dans ce marché, l’activité commence tôt le matin. Les vendeuses de poissons frais installent leurs bassines, nettoient leurs produits et attendent les premiers clients. Mais derrière l’animation habituelle du marché, une réalité s’impose : le poisson est devenu plus cher et les ventes sont moins importantes qu’auparavant.

Dans le secteur réservé aux produits halieutiques, plusieurs commerçantes expliquent que les conditions d’exercice de leur activité se sont dégradées. Selon elles, le coût d’achat du poisson a fortement augmenté, réduisant leurs marges bénéficiaires.

Mabinty Sylla, vendeuse de poissons frais depuis plusieurs années, témoigne des difficultés rencontrées.

« Si je dis que nous ne rencontrons pas de difficultés dans la vente de poissons frais, j’ai menti. Nous souffrons. Il n’y a pas assez de poisson et le peu qui est disponible coûte très cher », explique-t-elle.

Elle affirme que certains produits connaissent une hausse importante.

« Certains cartons que nous achetions entre 230 000 et 250 000 francs guinéens sont devenus plus chers. L’ombrine, qui pouvait coûter entre 350 000 et 400 000 francs guinéens, peut aujourd’hui atteindre près de 600 000 francs guinéens », ajoute-t-elle.

Cette augmentation oblige les vendeuses à revoir leurs prix de vente. Mais selon elles, cette solution entraîne une autre difficulté : la baisse de la clientèle.

Une autre commerçante rencontrée sur place explique que les consommateurs ont désormais tendance à réduire leurs achats.

« Avant, les clients achetaient en grande quantité. Aujourd’hui, beaucoup demandent le prix, puis repartent parce qu’ils trouvent que c’est cher », témoigne-t-elle.

Du côté des consommateurs, le constat est similaire. Plusieurs clients affirment que le poisson occupe une place de plus en plus importante dans leurs dépenses alimentaires.

Aminata Camara, cliente au marché de Cosa, explique qu’elle doit désormais faire attention à son budget.

« Aujourd’hui, il faut bien calculer avant d’acheter. Avec le même montant qu’avant, on ne repart plus avec la même quantité », affirme-t-elle.

Pour les vendeuses, les difficultés ne concernent pas seulement les prix. Elles évoquent également la conservation des produits. En l’absence d’équipements personnels, certaines doivent payer des chambres froides pour éviter les pertes.

« Quand le poisson reste invendu, nous sommes obligées de chercher un endroit pour le conserver. Ces dépenses diminuent encore nos bénéfices », explique Mabinty Sylla.

Au-delà de l’activité commerciale, cette situation touche également les familles qui dépendent de ces petits commerces. Plusieurs vendeuses affirment utiliser leurs revenus pour assurer les dépenses quotidiennes du foyer.

À travers le marché de Cosa, le constat est donc celui d’un secteur confronté à plusieurs difficultés : hausse des coûts, baisse du pouvoir d’achat des clients et contraintes de conservation. Une situation qui affecte à la fois les commerçantes et les consommateurs.

En attendant une amélioration des conditions d’approvisionnement, vendeuses et clients continuent de s’adapter à un marché où le prix du poisson devient un sujet de préoccupation quotidienne.

 

Salématou Keïta, Stagiaire pour Laguinee.info 

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