À N’Zérékoré, le mauvais état de plusieurs routes continue de compliquer les déplacements en cette saison des pluies. Chaussées dégradées, bourbiers et flaques d’eau rendent la circulation difficile pour les automobilistes, les conducteurs de motos, les commerçants et les piétons. En attendant une intervention des autorités, des riverains disent financer eux-mêmes des réparations de fortune, rapporte Laguinee.info à travers son correspondant régional.
Le constat est visible sur plusieurs axes de la ville, où les fortes pluies ont accentué la dégradation de la voirie. Face à cette situation, des habitants se cotisent pour acheter des cailloux destinés à combler temporairement les nids-de-poule.
Commerçant installé dans la zone depuis plus de trente ans, Youssouf Keïta affirme que ces difficultés reviennent chaque année pendant l’hivernage.
« Depuis plus de trente ans, je suis ici. Depuis que nous avons obtenu notre place, dès que la pluie tombe, il devient très difficile de passer », explique-t-il.
Selon lui, les commerçants et les riverains organisent régulièrement des collectes pour améliorer provisoirement l’état de la route.
« Parfois, nous faisons des cotisations. Certains donnent 300 000 francs guinéens, d’autres 100 000 ou 50 000. Avec cet argent, nous achetons des cailloux que nous déposons sur la route afin de faciliter le passage des usagers », indique-t-il.
Ces réparations restent toutefois temporaires, les pluies emportant rapidement les matériaux déposés sur la chaussée.
« Parfois, nous dépensons jusqu’à 4,8 millions de francs guinéens. Le mois prochain, nous comptons encore cotiser pour acheter des cailloux. Si la route était bien aménagée, cela faciliterait aussi l’accès au marché. Aujourd’hui, il est vraiment difficile de circuler », ajoute le commerçant.
Youssouf Keïta appelle les autorités communales à engager des travaux durables.
« Si quelqu’un accepte de nous soutenir, nous irons voir le maire afin qu’il nous aide à trouver une solution durable », lance-t-il.
Les chauffeurs dénoncent également les conséquences de la dégradation de la voirie. Abdoulaye Cissé, conducteur, estime que l’état de la route représente un risque pour les usagers et entraîne des coûts supplémentaires pour les propriétaires de véhicules.
« Les véhicules s’abîment beaucoup. Nous souffrons énormément ici. Il y a même eu plusieurs accidents mortels. Si les autorités pouvaient réparer cette route, cela nous soulagerait », affirme-t-il.
Selon lui, la circulation devient parfois impossible après les fortes pluies.
« Chaque fois que vous passez ici, vous trouvez de gros trous. Hier encore, la circulation était complètement bloquée parce que la route était impraticable », témoigne-t-il.
En attendant une réhabilitation des axes concernés, les habitants poursuivent leurs initiatives communautaires. Ils estiment toutefois que ces actions restent insuffisantes face à l’ampleur de la dégradation et appellent les autorités locales ainsi que les services compétents à engager des travaux pour rétablir durablement la circulation dans plusieurs quartiers de la commune urbaine de N’Zérékoré.
De N’Zérékoré, Cécé Kpamou pour Laguinee.info





