Le Tribunal de première instance (TPI) de N’Zérékoré a suspendu, vendredi 10 juillet, les audiences dans une affaire de présumé braquage de plus de 400 000 dollars américains. Avant d’examiner le fond du dossier, la juridiction souhaite trancher une question de compétence entre le TPI et la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les audiences criminelles ouvertes au Tribunal de première instance (TPI) de N’Zérékoré ont été interrompues vendredi 10 juillet 2026 dans une affaire de présumé braquage portant sur plus de 400 000 dollars américains. Le tribunal a décidé de suspendre les débats afin de statuer sur une question de compétence opposant le TPI à la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Un présumé braquage sur l’axe N’Zérékoré-Diécké
Douze prévenus sont poursuivis dans cette procédure pour des faits présumés de vol à main armée.
Selon les éléments exposés à l’audience, les faits remontent au mois d’août 2023. Les accusés sont soupçonnés d’avoir attaqué un opérateur économique qui se rendait au Libéria sur l’axe N’Zérékoré-Diécké et de lui avoir dérobé une somme estimée à plus de 400 000 dollars américains.
Premier à comparaître, Adama Kourouma a été interrogé par le président du tribunal, Ismaël Nabé. À la barre, il a rejeté les faits qui lui sont reprochés et nié toute implication dans ce présumé braquage.
Le tribunal s’interroge sur la compétence de la CRIEF
Alors que le procureur de la République par intérim, Moussa Camara, poursuivait l’interrogatoire du prévenu, le président du tribunal a interrompu les débats pour soulever une question de droit.
Le magistrat a relevé que la valeur de la somme en cause, équivalant à plus d’un milliard de francs guinéens, pourrait faire entrer le dossier dans le champ de compétence de la CRIEF, juridiction spécialisée dans la répression des infractions économiques et financières.
Les avocats s’y opposent
Cette analyse a été contestée aussi bien par les avocats de la défense que par ceux de la partie civile.
Les deux parties ont soutenu que les faits poursuivis relèvent du droit commun et que le dossier doit, par conséquent, être examiné par le Tribunal de première instance de N’Zérékoré.
Face à cette divergence d’interprétation sur la juridiction compétente, le président Ismaël Nabé a suspendu les débats.
Le tribunal a renvoyé l’affaire au mercredi 15 juillet 2026, date à laquelle il rendra sa décision sur la question de compétence avant de poursuivre, le cas échéant, l’examen du fond du dossier.
De N’Zérékoré, Cécé Kpamou, pour Laguinee.info.





