Boursière de la Solidarité Olympique et médaillée à chacune de ses sorties continentales, l’athlète guinéenne Fatoumata Balley a annoncé son absence forcée aux Championnats d’Afrique prévus du 12 au 17 mai 2026 à Accra, au Ghana. En cause : l’absence de billet d’avion, imputable selon elle à un manque d’organisation des institutions sportives guinéennes. Un message douloureux, empreint de dignité et de détermination.
Elle s’était préparée pendant des semaines. Elle ne partira pas. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Fatoumata Balley, l’une des meilleures athlètes guinéennes, a annoncé avec une émotion palpable qu’elle ne participera pas aux Championnats d’Afrique d’Accra. Non pas par manque de forme, ni par désistement. Mais faute de billet d’avion reçu à temps.
Un manque d’organisation qui coûte cher
« En raison d’un manque d’organisation des institutions sportives guinéennes, je n’ai malheureusement pas reçu mon billet d’avion à temps pour pouvoir arriver dans de bonnes conditions et défendre pleinement mes chances », écrit-elle, le cœur lourd.
Derrière cette phrase sobre se cache une réalité que de nombreux sportifs guinéens connaissent trop bien : des semaines de préparation intense, de sacrifices physiques, financiers et émotionnels, réduits à néant par une défaillance administrative.
« C’est ton propre pays qui t’empêche de porter son drapeau »
Médaillée lors de chacune de ses participations aux compétitions continentales, Fatoumata Balley ne cache pas sa blessure. « Lorsque c’est ton propre pays qui t’empêche de porter son drapeau au plus haut niveau, ça fait mal », écrit-elle avec une franchise désarmante.
Elle rappelle son statut et ce qu’il aurait dû impliquer : « En tant que l’une des meilleures athlètes guinéennes et boursière de la Solidarité Olympique, je pensais sincèrement pouvoir bénéficier d’un meilleur accompagnement et de plus de considération.»
Une fierté nationale intacte
Ce qui frappe dans ce message, c’est l’absence de rancœur envers son pays. Malgré tout, l’athlète réaffirme un attachement total à ses couleurs. « J’ai choisi de représenter la Guinée. Et ce choix, je ne le regretterai jamais ! Pour rien au monde je ne représenterai un autre pays», affirme-t-elle avec conviction.
Une déclaration qui dit long sur la valeur que cette sportive accorde à son drapeau, même quand les institutions qui devraient la soutenir lui font défaut.
La guerrière solaire n’est pas abattue
Fidèle à son tempérament, Fatoumata Balley conclut son message sans se laisser submerger par l’amertume. « Si je ne peux pas prendre part à cette compétition, c’est qu’il y a sûrement une raison. Pardon ma Guinée. Votre guerrière solaire ne pourra malheureusement pas vous offrir l’un de ses shows à Accra, mais il en faut plus pour m’abattre. Je n’ai pas encore fini de vous surprendre », écrit-elle.
Un message qui interpelle au-delà du sport. Il dit quelque chose de plus profond sur la manière dont la Guinée traite ses champions, ceux qui, par leur travail et leur talent, portent le nom du pays bien au-delà de ses frontières.
Laguinee.info





