À défaut d’eau au robinet, de plus en plus de ménages creusent leur propre solution. À Conakry, où les pénuries d’eau potable continuent de rythmer le quotidien de nombreux habitants, les forages privés se multiplient dans les concessions. Une tendance que le Premier ministre, Amadou Oury Bah, juge préoccupante.
En marge de la cérémonie de réception de plus de 200 logements sociaux à Sonfonia, samedi 9 mai, le chef du gouvernement a mis en garde contre les conséquences d’une exploitation intensive des nappes souterraines.
« Plus on pompe, plus on crée un vide »
Pour Bah Oury, le recours massif aux forages ne constitue pas une solution sans risque.
« La terre, lorsqu’on la pompe, on l’épuise », a-t-il averti.
Le Premier ministre explique que l’extraction continue des eaux souterraines peut fragiliser le sous-sol.
« Plus on pompe les nappes phréatiques, plus on crée un vide en dessous. Et ce vide, sous l’effet du poids exercé à la surface ou de certaines secousses, peut provoquer des catastrophes », a-t-il déclaré.
Autrement dit, en cherchant l’eau sous leurs pieds, certains pourraient contribuer à fragiliser le sol sur lequel ils vivent.
Une réponse individuelle à une crise collective
Faute d’un approvisionnement régulier du réseau public, de nombreux ménages disposant de moyens financiers investissent dans des forages pour sécuriser leur accès à l’eau.
Cette solution privée, de plus en plus répandue dans les quartiers de la capitale, traduit surtout l’ampleur des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable.
Des fissures qui alimentent les inquiétudes
La mise en garde du Premier ministre intervient alors que plusieurs habitations de la banlieue de Conakry présentent des fissures dont les causes exactes ne sont pas encore établies.
La prolifération des forages figure parmi les hypothèses évoquées par certains observateurs et riverains.
Un chantier pour les collectivités locales
Bah Oury estime que la sensibilisation sur les risques liés aux forages devra désormais faire partie des priorités des collectivités.
Le message est limpide : faute d’une régulation rigoureuse, la solution individuelle d’aujourd’hui pourrait devenir le problème collectif de demain.
À Conakry, où l’eau manque à la surface, le gouvernement appelle désormais à regarder de plus près ce qui se passe sous terre.
Laguinee.info





