Le procès du Directeur général de l’hôpital Jean Paul II de Taouyah, Soriba Soumah, s’est ouvert ce lundi 4 mai 2026 devant la chambre de jugement de la CRIEF. Le procureur spécial Alphonse Charles Wright a demandé la comparution de l’ancienne ministre Charlotte Daffé et de l’ex-directeur général du Budget comme témoins. Le prévenu, les larmes aux yeux, a sollicité sa mise en liberté. Le procureur est resté inflexible.
L’affaire implique de grands noms. Et le procureur entend les entendre tous. Ce lundi 4 mai 2026, la Cour de Répression des Infractions économiques et financières a ouvert le procès de Soriba Soumah, directeur général de l’hôpital Jean Paul II de Taouyah, poursuivi avec deux autres personnes pour un détournement présumé de plus de 12 milliards de francs guinéens. Dès l’ouverture des débats, le procureur spécial Alphonse Charles Wright a frappé fort en sollicitant la comparution de deux personnalités comme témoins : l’ancienne ministre Charlotte Daffé et l’ex-directeur général du Budget. Pas en tant que prévenus, mais pour éclairer la juridiction sur les faits survenus pendant leur période d’exercice.
« Permettez-moi de rentrer chez moi » : l’appel du prévenu
Face à la cour, Soriba Soumah a rejeté les accusations portées contre lui et a profité de l’audience pour formuler personnellement une demande de mise en liberté, dans un moment chargé d’émotion.
« Un père de famille qui vient voir le juge et qui aussitôt se retrouve en prison, surtout dans des endroits où il y a les plus grands bandits du pays… Je suis un cadre, je suis directeur général de Jean Paul II. Monsieur le procureur spécial, je voudrais vous dire un mot : je suis devant la Cour, je l’accepte, c’est le destin. Mais permettez-moi de rentrer chez moi, j’ai une famille, j’ai mes enfants. Je réside non loin de votre bureau. Je ne vais pas fuir. Ce n’est pas à cause de 2 milliards et quelques que je vais fuir. Je jure sur le Saint Coran et sur Dieu, je ne vais pas fuir. Permettez-moi de venir libre répondre à vos questions », a-t-il déclaré, les larmes aux yeux.
Charles Wright inflexible : « Même si c’est ma mère »
La réponse du procureur spécial Alphonse Charles Wright ne s’est pas fait attendre. Ferme et sans concession, il a réaffirmé sa ligne de conduite dans la lutte contre les crimes économiques et financiers, tout en promettant de reconsidérer la situation le moment venu.
« J’ai pris l’engagement devant Dieu de faire le travail qui m’est confié. Avant de quitter le parquet, même si c’est ma mère qui est concernée, je n’hésiterai pas à l’amener ici pour répondre des faits qui lui sont reprochés. La politique du parquet spécial a changé. La réussite d’un parquet spécial n’est pas le nombre de personnes détenues, mais que ce qui a été pris au compte de l’État revienne. Arrivé à ce moment, lorsque votre avocat va demander, nous allons revoir votre cas. Même si c’est ma mère ou mon père, quiconque a pris les biens de l’État, on ira le chercher. Notre détermination ici, c’est plus que tout », a martelé le procureur.
La suite de la procédure dépendra notamment des témoignages attendus de Charlotte Daffé et de l’ex-directeur général du Budget, dont la comparution devra être organisée par la juridiction.
Laguinee.info







