Le procès de Badra Aliou Cheickna Koné devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières a connu un tournant majeur ce mercredi 29 avril 2026. Après le rejet des exceptions soulevées par la défense, dont une tentative de suspendre la procédure en invoquant le Code électoral, la Cour a décidé de renvoyer le dossier en instruction. L’ancien président de la délégation spéciale de Matam est poursuivi pour un montant estimé à 240 milliards de francs guinéens.
Le dossier ne sera pas jugé tout de suite. Mais il est loin d’être classé. Ce mercredi 29 avril 2026, l’audience de Badra Aliou Cheickna Koné devant la CRIEF a réservé plusieurs rebondissements. Poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, escroquerie, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien président de la délégation spéciale de Matam se retrouve au cœur d’un dossier explosif portant sur un montant estimé à 240 milliards de francs guinéens.
La défense tente de suspendre la procédure via le Code électoral
Dès l’ouverture des débats, l’avocat de la défense, Lanciné Sylla, a tenté un coup de théâtre juridique. Il a invoqué les dispositions du Code électoral pour demander la suspension de la procédure, estimant que son client, candidat au scrutin du 31 mai, ne pouvait être poursuivi avant la proclamation des résultats.
Une argumentation vigoureusement rejetée par le procureur spécial Alphonse Charles Wright. Ce dernier a rappelé que les textes encadrant la CRIEF rendent inopposables certaines immunités face aux infractions économiques et financières, et que l’engagement politique ne saurait faire obstacle à l’action de la justice.
Saisi de cette confrontation juridique, le juge Alpha Camara a rejeté l’exception soulevée par la défense ainsi que la demande de mise en liberté, autorisant la poursuite des débats.
Renvoi en instruction : la complexité des faits l’emporte
Dans un rebondissement notable, la Cour a finalement décidé de renvoyer le dossier en instruction. Elle a estimé que la complexité des faits reprochés nécessite des investigations approfondies avant tout jugement sur le fond. Une décision qui ouvre une nouvelle phase dans cette affaire et reporte à plus tard l’issue judiciaire.
Badra Koné nie les accusations et conteste le montant
À la barre, l’ancien président de la délégation spéciale de Matam a fermement rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a mis en avant ses activités d’homme d’affaires pour justifier ses revenus et contesté tout enrichissement illicite. Il a également nié tout conflit d’intérêts avec la société B&B BTP SARL, affirmant avoir cédé ses parts avant l’attribution des marchés publics incriminés.
La défense a par ailleurs contesté le montant de 240 milliards de francs guinéens, le qualifiant de contestable et évoquant des estimations initiales largement inférieures.
Une affaire emblématique qui entre dans une phase décisive
Ce renvoi en instruction confie désormais le dossier à un juge d’instruction, chargé d’approfondir les enquêtes et de déterminer s’il existe des charges suffisantes pour un renvoi en jugement ou un éventuel non-lieu. Une affaire où se mêlent enjeux politiques, financiers et judiciaires, dans un contexte électoral qui en accentue la sensibilité.
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