La procédure judiciaire visant Badra Koné a pris une tournure agitée devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), où l’audience a été suspendue à la suite d’échanges tendus entre avocats et représentants du parquet.
Au cœur de cette audience, la défense a multiplié les contestations, notamment à travers des exceptions de procédure visant à remettre en cause l’orientation du dossier. Elle a notamment sollicité un renvoi en instruction, estimant que la complexité de l’affaire ne permettait pas un traitement en flagrance. Cette demande a été mise en réserve par la chambre de jugement présidée par Alpha Camara.
Dans la continuité des débats, la Cour a procédé à l’identification de plusieurs co-prévenus poursuivis dans le même dossier. Parmi eux figurent des profils variés, allant de fonctionnaires à des opérateurs économiques, ainsi que des représentants de sociétés, dont la société SOCOBA.
C’est d’ailleurs autour de cette entité que les tensions se sont cristallisées. L’avocat de la société, Rafi Raza, a vigoureusement contesté les poursuites visant sa cliente, demandant l’annulation de la procédure à son encontre et la réalisation d’enquêtes complémentaires. Il a soutenu que les faits reprochés, notamment liés au paiement d’une taxe, ne relevaient pas du régime de flagrance.
Au-delà des arguments juridiques, les échanges ont pris une tournure plus vive lorsque l’avocat a mis en cause l’attitude du parquet spécial, évoquant une volonté de « marquer leur territoire ». Des propos qui ont suscité une réaction immédiate du substitut Biwon Millimouno, entraînant une montée de tension dans la salle d’audience.
Face à cette situation, la Cour a décidé de suspendre les débats.
L’affaire porte sur des accusations lourdes, notamment des faits présumés de détournement de deniers publics évalués à 240 milliards de francs guinéens sur la période 2021-2026, ainsi que des charges de corruption, faux et usage de faux, escroquerie, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. À ce stade, aucun des prévenus entendus n’a reconnu les faits.
Cette audience, marquée par une forte confrontation entre les parties, illustre les enjeux judiciaires et procéduraux d’un dossier suivi de près, tant pour sa dimension financière que pour ses implications institutionnelles.
Laguinee.info







