Au Mali, les autorités ont réagi aux attaques terroristes simultanées survenues le 25 avril 2026 dans plusieurs localités du pays. Lors d’un point de presse tenu en pleine période de deuil national de deux jours, le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, a livré une déclaration à forte tonalité sécuritaire, politique et morale.
Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a situé le contexte :
« M’exprimer aujourd’hui n’est pas aisée, d’autant plus qu’il s’agit du 1er jour d’un deuil national de deux jours décrété par Son Excellence, le Président de la Transition, pour rendre hommage à Feu Général Sadio Camara.»
Il a ensuite rendu hommage aux victimes des attaques :
« Je m’incline devant la mémoire de l’illustre disparu et d’autres victimes civiles comme militaires, qui ont perdu la vie, tout en souhaitant prompt rétablissement aux blessés.»
Des attaques qualifiées de coordonnées et à visée politique
Selon les autorités, les attaques du 25 avril auraient été simultanées et coordonnées. Le gouvernement estime que leur objectif dépassait les seules opérations armées.
Le Premier ministre a décrit une stratégie attribuée aux assaillants :
« Semer la peur et le doute : nous n’avons pas eu peur, ni douté et nous n’aurons jamais peur.»
Il a également évoqué une tentative de déstabilisation politique :
« Briser la cohésion nationale : plus que jamais nous unis comme. La cohésion nationale sera renforcée. »
Et ajouté sur la dimension psychologique du conflit :
« Affaiblir notre détermination plus que jamais, nous sommes déterminés. L’engagement collectif ira crescendo. »
Selon lui, l’objectif final était clairement institutionnel :
« Plus que de simples incidents terroristes, le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir, en démantelant les Institutions de la République et mettant un terme au processus de Transition. »
Une riposte militaire revendiquée
Le gouvernement affirme que les forces armées ont répondu avec efficacité. Le Premier ministre a salué ce qu’il qualifie de réaction décisive :
« La réponse cinglante qui leur été infligée est l’œuvre de l’abnégation de nos vaillantes forces armées et de sécurité… qui ont réussi à neutraliser des centaines de terroristes sur l’ensemble du territoire nationale. »
Il a ajouté :
« Je voudrais saluer leur professionnalisme. »
Une guerre asymétrique et une adaptation permanente
Reconnaissant la nature évolutive de la menace, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’ajustements continus :
« Toutefois, il est utile de rappeler que la caractéristique principale de l’action terroriste est l’asymétrie. Celle-ci nous oblige à adapter constamment notre dispositif. »
Et d’annoncer une phase de réévaluation opérationnelle :
« Tirer les enseignements des incidents terroristes du 25 Avril est une obligation. Les facteurs de succès seront renforcés et les correctifs nécessaires seront apportés pour une meilleure sécurisation. »
Cohésion nationale et lecture politique du conflit
Le Premier ministre a insisté sur la résilience de la population :
« Je salue également la résilience de la population malienne qui croit en son armée et à la Refondation du Mali. »
Il a également inscrit son discours dans un registre religieux et moral :
« En tant que croyant, je voudrais rappeler que selon le Coran “Toute âme goûtera la mort”. et “À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons”. »
Hommage aux soldats et appel au sacrifice
Évoquant les pertes humaines, notamment celle du général Sadio Camara, il a déclaré :
« Le Général Camara, comme tant d’autres victimes de l’insécurité, a été arraché à notre affection. »
Puis il a justifié l’engagement militaire comme un choix assumé :
« Toutefois, le type de combat pour lequel nous nous engageons sont des choix personnels. Le Général Camara… a fait le choix de mourir les armes à la main pour défendre sa patrie. »
Dans la continuité, il a exprimé un appel implicite à l’engagement :
« Je formule le vœu que l’état d’esprit celles et ceux qui sont dans cette disposition soit renforcée. »
Et une ouverture conditionnelle envers les opposants à la lutte armée :
« Sans désespérer de la nature humaine, celles et ceux qui ont une approche divergente, je formule le vœu, qu’ils retrouvent le droit chemin, il n’est jamais trop tard pour aimer son pays. »
Message aux groupes armés et ligne de fermeté
Le chef du gouvernement a également visé les réseaux de soutien aux groupes armés :
« A ceux qui se font manipuler par des sponsors du terrorisme, qu’ils se demandent tout simplement, raison pour laquelle, ces Etats paria du terrorisme ne réalisent pas dans leur pays, les projets funestes qu’ils veulent entreprendre chez les autres. »
Il a réaffirmé une ligne de fermeté sans négociation :
« Je saisis cette occasion que le combat pour notre dignité et notre honneur n’est pas négociable. Nous le mènerons à son terme, jusqu’à l’éradication totale du terrorisme et l’édification du Mali Kura. »
Référence nationale et appel à la mobilisation
Concluant son intervention, le Premier ministre a convoqué les symboles nationaux :
« Il est important de garder constamment à l’esprit, le 3ème couplet de notre Hymne National. “La voie est dure très dure. Qui mène au bonheur commun. Courage et dévouement. Vigilance à tout moment”. »
Dans un contexte sécuritaire toujours tendu, cette prise de parole illustre la stratégie des autorités de transition : réponse militaire revendiquée, discours de cohésion nationale et cadrage politique du conflit comme lutte existentielle pour la survie de l’État.
Laguinee.info







