L’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a de nouveau comparu ce lundi 27 avril 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières, dans le cadre des poursuites engagées contre lui pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et complicité.
Cette audience s’est tenue devant une nouvelle composition de la chambre de jugement, présidée par Alpha Camara, avec la participation de nouveaux membres du parquet. À la barre, l’ancien haut magistrat a été interrogé sur sa gestion à la tête de la Cour constitutionnelle entre 2018 et 2021, ainsi que sur les conditions d’acquisition de ses biens.
S’exprimant sur la construction de ses immeubles à Conakry et à Dakar, Mohamed Lamine Bangoura a expliqué que ces réalisations reposaient sur ses revenus issus de ses activités académiques et de ses prestations en tant que consultant indépendant, notamment dans la réédition des conventions minières. Il a également évoqué le soutien de certains de ses anciens étudiants, devenus, selon lui, membres du gouvernement sous Alpha Condé, qui auraient contribué à l’achèvement de plusieurs de ses immeubles.
Concernant l’acquisition d’un immeuble à Dakar, il a affirmé avoir contracté un crédit de deux milliards de francs guinéens auprès d’Afriland Bank, assurant que cette opération était « justifiée ». Toutefois, le substitut du procureur a relevé une incohérence, évoquant un coût de réalisation estimé à 300 millions de francs CFA.
Interrogé par le substitut du procureur, Pierre Segbé Kamano, sur ses rémunérations perçues à la Cour constitutionnelle, l’accusé a déclaré avoir perçu un salaire mensuel de 21 millions de francs guinéens en tant que membre en 2015, puis 75 millions de francs guinéens en qualité de président de l’institution.
En l’absence des avocats de l’Agent judiciaire de l’État, la cour a décidé de renvoyer l’affaire au 4 mai prochain.
Ismaël Sam, pour Laguinee.info







