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EDG ne paie pas ses factures: l’État perd des centaines de millions de dollars

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Électricité de Guinée ne règle quasiment plus ses dettes envers les sociétés qui gèrent les barrages de Kaléta et de Souapiti. En 2025, ces deux sociétés n’ont récupéré qu’une infime partie de ce qu’EDG leur doit. Résultat : l’État guinéen se prive lui-même de recettes importantes, pendant que les Guinéens continuent de subir les coupures de courant.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut d’abord savoir comment ça fonctionne.

En Guinée, les barrages hydroélectriques de Kaléta et de Souapiti ne sont pas gérés directement par EDG. Deux sociétés distinctes s’en occupent : la SOGEKA pour Kaléta, et la SOGES pour Souapiti. Ces sociétés produisent l’électricité, la livrent à EDG, et EDG est censée les payer en retour. L’État guinéen détient des parts dans ces deux sociétés — 49% dans la SOGEKA et 51% dans la SOGES — et perçoit donc des dividendes sur leurs bénéfices.

Le problème ? EDG ne paie plus.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Le rapport du Conseil National de la Transition dresse un constat sans appel. En 2025, la SOGEKA avait une créance de 135 millions de dollars sur EDG. Elle n’en a récupéré que 502 000 dollars. Soit 0,37%. Moins d’un dollar sur cent.

La situation de la SOGES est identique. Sur une créance de 234 millions de dollars, elle n’a recouvré que 1,1 million de dollars en 2025, soit 0,49%.

Ce n’est pas un accident. C’est une tendance qui s’installe. En 2023, le taux de recouvrement de la SOGEKA était déjà tombé à 24%. En 2024, à 9,2%. En 2025, moins de 1%. La dégringolade est continue, méthodique, alarmante.

Conséquence directe : l’État se prive lui-même

Parce qu’EDG ne paie pas, la SOGEKA et la SOGES ne font pas de bénéfices. Et parce qu’elles ne font pas de bénéfices, elles ne versent pas de dividendes à l’État. Or, pour l’exercice 2024, ces dividendes étaient estimés à 327 milliards de francs guinéens. De l’argent que le Trésor public attendait, et qui n’est jamais arrivé.

Pire encore : ces sommes non perçues ont dû être compensées par le budget national lui-même. En clair, l’État a dû payer pour couvrir un manque créé par l’incapacité d’EDG à honorer ses engagements. C’est l’argent du contribuable guinéen qui comble le trou.

Que demande le CNT ?

Face à cette situation, le Conseil National de la Transition tire la sonnette d’alarme et demande au gouvernement d’agir sur trois fronts : améliorer la capacité d’EDG à recouvrer les factures d’électricité auprès de ses propres clients, revoir en profondeur le mode de gestion et de gouvernance de l’entreprise, et instaurer une meilleure discipline financière dans ses relations avec les sociétés des barrages.

Le CNT interpelle directement le ministre de l’Énergie et celui des Finances pour qu’ils prennent des mesures correctives sans délai.

Cette situation intervient dans un contexte où EDG fait déjà face à des difficultés de recouvrement auprès de ses propres clients, y compris certaines institutions publiques.
Dans ce cadre, le ministre du Budget, Facinet Sylla, a indiqué que des entités étatiques figuraient parmi les mauvais payeurs. Lors de l’examen de la Loi de finances rectificative 2025, il a notamment évoqué le cas du CNT et d’autres ministères dont les factures d’électricité resteraient impayées, malgré une consommation visible.
Ces éléments mettent en évidence un dysfonctionnement global de la chaîne de paiement dans le secteur électrique.

Laguinee.info

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