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Usurpation d’identité à Yimbaya : 42 jeunes interpellent le président Doumbouya

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À Yimbaya, dans la banlieue de Conakry, 42 jeunes affirment avoir été victimes d’une usurpation d’identité impliquant un policier, Mouctar Tawel Camara. Les faits, qui remonteraient à plusieurs années, se seraient produits alors que la majorité des victimes étaient encore mineures. Aujourd’hui, ces jeunes sollicitent l’intervention du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour obtenir l’effacement de leurs empreintes enregistrées frauduleusement.

Des identités usurpées à des fins troubles

Selon les témoignages recueillis, le policier aurait approché plusieurs adolescents dans leur quartier en leur proposant de l’accompagner sur son lieu de travail, un service lié à la délivrance des passeports à Coléah. Une fois sur place, leurs empreintes digitales auraient été enregistrées à leur insu, sous de fausses identités.

Toumany Traoré, l’une des victimes, relate les circonstances :

« Un jour, je lavais la voiture de mon père quand le policier est venu me chercher. Arrivé à son lieu de travail, on est passé par une petite porte à l’arrière. Un de ses collègues m’a remis un papier avec un nom qui n’était pas le mien. Quand ce nom a été appelé, je ne me suis pas présenté. Son collègue m’a quand même fait entrer pour prendre mes empreintes. »

 

Une condamnation sans suite effective

L’affaire, portée devant le Tribunal de Première Instance de Mafanco, s’est soldée par la condamnation de Mouctar Tawel Camara à 14 mois de prison, dont 4 avec sursis. Toutefois, selon les jeunes concernés, les mesures censées être prises après le verdict – notamment l’effacement de leurs données biométriques – n’ont jamais été appliquées.

Moussa Sylla, représentant des victimes, témoigne de l’impact de cette situation :

« En 2019, après le bac, je voulais postuler à une bourse. On m’a informé que j’étais déjà enrôlé. Un ami à moi a vécu la même chose. C’est ainsi que nous avons compris que nos identités avaient été utilisées à notre insu. »

Un appel aux plus hautes autorités

Après plusieurs démarches infructueuses auprès du ministère de la Sécurité, les victimes en appellent désormais au président Mamadi Doumbouya et au secrétaire général de la Présidence, le Général Amara Camara, pour une intervention urgente.

« Nous sommes dans une situation très difficile. Sans documents officiels en règle, nous ne pouvons ni étudier à l’étranger, ni voyager, ni même obtenir un passeport. Depuis 2021, nous attendons l’effacement de nos empreintes, mais rien ne bouge », déplore l’un des jeunes.

Des conséquences lourdes et durables

Au-delà de l’aspect administratif, cette affaire bouleverse la trajectoire personnelle et professionnelle de ces jeunes. Privés d’accès à leurs propres données biométriques, ils se trouvent dans une impasse qui freine leur insertion socio-professionnelle.

Aujourd’hui, leur seul espoir repose sur une action des autorités les plus haut placées du pays pour rétablir leur identité et leur permettre de reprendre le cours normal de leur vie.

 

IAC, pour www.laguinee.info 

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