« Les nouveaux enseignants rencontrent beaucoup de difficultés à l’intérieur du pays. » Cette déclaration du ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Jean Paul Cedy, sonne comme un aveu d’impuissance. Entre précarité et manque de soutien, ces jeunes enseignants affectés loin de la capitale se retrouvent plongés dans un véritable parcours du combattant.
Des enseignants sans toit
Le constat est alarmant : trouver un logement décent devient un luxe pour ces enseignants envoyés en mission d’éducation dans des zones parfois reculées. « Nous avons demandé partout où nous sommes passés pendant l’immersion aux communautés de faciliter leur intégration dans la cité », a plaidé le ministre. Autrement dit, l’État, incapable d’assurer un minimum de conditions de vie, en appelle à la charité des citoyens.
L’accueil ou l’exode ?
Mais jusqu’où ira ce manque d’anticipation ? Si rien n’est fait, Jean Paul Cedy redoute un découragement massif des enseignants, qui pourraient abandonner leur poste faute d’un accueil favorable. Un comble, alors que l’éducation est censée être une priorité nationale.
Prenons l’exemple de Tougué, où la CORDDT tente tant bien que mal de venir en aide aux nouveaux enseignants. Mais ces initiatives locales suffisent-elles à masquer l’inertie des autorités ?
Éducation nationale ou abandon programmé ?
Si le ministre reconnaît le problème, où sont les solutions concrètes ? L’appel aux citoyens est louable, mais il ne saurait remplacer une politique sérieuse d’accompagnement des enseignants. Sans un engagement réel de l’État, ces derniers continueront à vivre l’enseignement rural comme une punition plutôt qu’une mission.
IAC, pour laguinee.info





