Nichée à la frontière entre la Guinée et le Mali, à 115 km du chef-lieu de Mandiana, la sous-préfecture de Balandougouba lutte au quotidien contre l’oubli des autorités. Avec ses 40 000 habitants, ses 12 districts et ses 8 secteurs, cette localité vit un véritable calvaire marqué par le manque criant d’infrastructures de base et une insécurité grandissante.
Des écoles en ruines et des élèves sacrifiés
Si l’éducation est le socle du développement, alors Balandougouba est en péril. « Balandougouba n’a même pas un cycle complet ! » s’indigne Yakouba Sidibé, président de la Délégation spéciale. « Imaginez : seulement trois salles de classe pour 250 000 élèves ! À Balandougouba 1 et 2, les enseignants sont contraints de regrouper plusieurs niveaux dans une même classe. Les infrastructures sont en ruine, c’est une honte ! »
Dans une zone où l’avenir des enfants se joue à la loterie de l’oubli, l’accès à une éducation de qualité est un luxe que peu peuvent s’offrir.
Des routes impraticables et une économie paralysée
Balandougouba est un grenier agricole. Maraîchage, orpaillage, agriculture vivrière… Mais comment vendre quand les routes sont impraticables ? « Nos piments, aubergines et autres condiments pourrissent faute de moyens de transport », explique un agriculteur. L’état des routes empêche toute connexion efficace avec le reste du pays. Résultat : des pertes énormes pour les paysans et une économie locale au ralenti.
L’insécurité, un fléau aux portes du Mali
L’insécurité est l’autre grand mal qui gangrène la sous-préfecture. « Nous sommes à la frontière du Mali, et l’instabilité qui y règne nous impacte directement », confie Yakouba Sidibé. « Ici, nous n’avons que trois policiers et un gendarme pour 7 500 habitants au centre-ville. Comment assurer la sécurité dans ces conditions ? » Entre banditisme transfrontalier et menace terroriste, Balandougouba est un territoire vulnérable.
Quand la communauté prend les choses en main
Face à cette situation alarmante, la population ne baisse pas les bras. Grâce aux efforts de la communauté et de la délégation spéciale, des avancées sont visibles. « Nous avons d’abord rétabli un climat de paix dans les villages en sensibilisant les jeunes, les femmes et les sages », souligne le président de la Délégation spéciale.
Des infrastructures ont aussi vu le jour : une route reliant Balandougouba à Niani a été réhabilitée, réduisant le trajet d’une heure à vingt minutes. Un poste de santé a été construit, des logements pour enseignants ont été aménagés, et le logement du sous-préfet a été rénové.
Un cri d’alarme aux autorités
Mais ces efforts restent insuffisants. Balandougouba veut se connecter au reste du pays, offrir un avenir à ses enfants, protéger ses citoyens. « Nous lançons un appel aux autorités : nous avons besoin de routes, d’écoles, de sécurité ! Balandougouba ne peut pas rester dans l’ombre éternellement », conclut Yakouba Sidibé.
Oubliée de l’État mais debout grâce à sa communauté, Balandougouba refuse de sombrer dans l’isolement. À quand une réponse concrète des autorités ?
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour Laguinee.info





