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Marché de Fassiah : le mauvais état de la route fait perdre des millions à une commerçante

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Au marché de Fassiah, à Conakry, le mauvais état de la route continue de plomber le petit commerce. En provenance de la Guinée forestière après trois jours de trajet, six sacs d’oranges sur dix de la commerçante Néné Mari Keïta ont pourri en cours de route, lui faisant perdre près de 3 millions de francs guinéens.

 

C’est une scène devenue habituelle pour les commerçants qui vivent du transport de produits vivriers. Assise sur un tabouret, le visage marqué par la fatigue, Néné Mari Keïta trie une à une ses oranges. Vendeuse de fruits au marché de Fassiah, elle vient de perdre près de la moitié de sa marchandise.

Partis de Guéckédou, N’Zérékoré, Yomou et Kissidougou, en Guinée forestière, ses colis ont mis trois jours pour arriver à Conakry. Un trajet long, rendu éprouvant par la dégradation avancée de la chaussée et la chaleur, fatal pour des produits hautement périssables.

« La route n’est pas bonne. Mes colis viennent de la Guinée forestière, de Guéckédou, N’Zérékoré, Yomou, Kissidougou, entre autres. Mes légumes sont vendus à perte. Une bonne partie pourrit en cours de route, ce qui nous fait énormément perdre », déplore-t-elle.

Six sacs sur dix perdus

Le bilan est lourd pour la commerçante. Sur les dix sacs d’oranges achetés à prix fort en région forestière, six sont devenus impropres à la vente.

« J’ai acheté dix sacs là-bas et je les ai payés cher. Sur les dix, six ont pourri. Je vends un sac d’oranges entre 350 000 et 400 000 francs guinéens. Si on multiplie ce montant par six, cela fait beaucoup », explique Néné Mari Keïta.

À raison de 350 000 à 400 000 GNF le sac, la perte est estimée entre 2,1 et 2,4 millions GNF, soit la quasi-totalité de son bénéfice et une partie de son capital de départ.

Un appel à la réhabilitation de la route

Face à cette situation qui se répète à chaque approvisionnement, la vendeuse lance un appel direct aux autorités.

« Nous demandons à l’État de refaire cette route. Sinon, le peu de marchandises avec lequel nous travaillons risque aussi de disparaître. J’ai perdu mon bénéfice et même une partie de mon investissement. Ce n’est pas bon pour le commerce », insiste-t-elle.

Une doléance partagée par de nombreux commerçants du marché, dont l’activité reste dépendante de l’axe routier reliant la capitale à l’intérieur du pays.

Dans un contexte où le projet Simandou prévoit le transport de marchandises par train minéralier, les commerçants espèrent que cette alternative, si elle devient accessible et opérationnelle pour les produits vivriers, pourra contribuer à réduire les pertes et à sécuriser l’acheminement des denrées vers Conakry.

IAC, pour Laguinee.info 

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