Ils en ont assez d’attendre. Depuis 2018. Ce mercredi 14 octobre 2026 à Kaloum, les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry ont dit tout haut ce que beaucoup murmuraient : l’intersyndicale les a lâchés.
FSPE, SNE, SLEEG : les trois sigles sont désormais accusés de « trahison ». En cause, le non-respect du protocole d’accord signé le 3 janvier dernier, et surtout son point 7, celui qui devait tout débloquer : l’intégration à la Fonction publique via un concours de pratique de classe. Neuf mois plus tard, rien.
« Le dossier est déjà oublié »
Le constat est amer pour Mohamed Latige Ibrahim, coordinateur général : « C’est avec un cœur rempli de déception que nous nous adressons à la nation. Le dossier est déjà oublié suite à la trahison de l’intersyndicale vis-à-vis du gouvernement. »
La riposte est claire : débrayage immédiat. « Nous demandons à tous les contractuels de la zone spéciale de Conakry de quitter les salles de classe jusqu’à satisfaction de notre revendication. On ne peut connaître la valeur d’un enseignant si ce n’est pas en classe », rapporte guinee360.com.
Dans la foule, Nakany Kanté, enseignante au secondaire, porte la voix des mères de famille : « Nous avons le cœur meurtri. Nous donnons cours dans les écoles publiques mais sans issue. »
Doumbouya et Bah Oury interpellés
La coordination sort l’artillerie lourde et interpelle directement le sommet de l’État. Pourquoi les contractuels de Conakry restent sur le carreau quand les communautaires ont été régularisés ?
« Nous attirons l’attention du Président Mamadi Doumbouya et du Premier ministre Bah Oury. Cette situation dure depuis 2018. Pourquoi pas nous ?« , lance Ibrahim cité par notre source.
Le spectre de la corruption
Cette fronde n’est pas un accident. Elle est le symptôme d’une intersyndicale qui craque de partout.
Le 8 octobre, au siège du SLECG, le micro a failli voler. Diaka Sow, porte-parole des 4 500 contractuels communaux non retenus, voulait parler de grève hors intersyndicale. Mohamed Roméo Bangoura, du SLECG, a tenté de lui arracher le micro. Résultat : « Si vous ne me laissez pas parler, c’est que c’est de la corruption », a balancé Diaka Sow devant l’assemblée.
Une accusation qui n’est pas nouvelle. En novembre 2025 déjà, Michel Pépé Balamou, rentrant de l’étranger en pleine négociation nocturne à la Fonction publique, avait traité ses pairs de « syndicalistes corrompus » qui « sortent avec des plastiques remplis d’argent ».
Corruption avérée ou pas, le mal est là : la confiance est rompue. Et ce sont les salles de classe de Conakry qui risquent de payer la facture dès demain.





