Des jeunes rémunérés 600 000 francs guinéens alors que leur travail rapporterait jusqu’à 2,5 millions à leur employeur : le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a dénoncé les écarts de rémunération dans certaines entreprises privées et appelé à une meilleure redistribution des richesses créées par les travailleurs.
Le ministre s’exprimait mercredi 30 septembre, lors du Grand forum « Jeunesse et Avenir », organisé à Conakry dans le cadre de la première édition de PRIME, à la veille de la fête nationale du 2 octobre.
Prenant l’exemple d’une société de sécurité, Lansana Béa Diallo a affirmé que certains jeunes y seraient payés 600 000 francs guinéens, alors qu’ils rapporteraient jusqu’à 2,5 millions de francs à leur entreprise.
« Les gens sont mal payés quand ils travaillent ici, dans les entreprises privées. Dans une société de sécurité, des jeunes sont payés à 600 000 francs guinéens alors qu’ils rapportent 2 500 000. C’est un scandale », a-t-il déclaré.
Le ministre estime que cette situation pose la question du partage de la richesse produite par les salariés. Il appelle les pouvoirs publics à renforcer la réglementation afin d’améliorer les conditions de rémunération des travailleurs.
« C’est notre responsabilité de réglementer cela et de faire en sorte que les jeunes soient dignes », a-t-il soutenu.
« Il faut que ça s’arrête »
Lansana Béa Diallo affirme être régulièrement interpellé sur les difficultés liées aux faibles rémunérations des jeunes.
« Les gens me disent tout le temps : “Il faut que ça s’arrête.” Il faut que ça s’arrête. Nous avons un pays extraordinaire, un potentiel extraordinaire, mais il faut tirer tout le monde vers le haut », a-t-il déclaré.
Le ministre a également évoqué son rapport personnel à l’argent, en réponse, selon lui, à ceux qui le qualifient de « socialiste » ou de « communiste ».
« J’ai gagné beaucoup d’argent dans ma vie, wallahi, beaucoup. Mais j’ai donné 80 % de ce que j’ai gagné parce que j’estime que je n’ai pas besoin de tout cela », a-t-il affirmé.
Les ressources minières au service du capital humain
Au-delà des salaires, le ministre a lié la question de l’emploi des jeunes à l’utilisation des ressources minières du pays.
« Notre richesse du sous-sol doit contribuer à faire grandir la richesse qui se trouve au-dessus du sous-sol : nos femmes, nos hommes et notre jeunesse », a-t-il déclaré.
Pour lui, cette transformation passe notamment par la formation, les investissements et une meilleure adéquation entre les compétences disponibles et les besoins de l’économie.
Lansana Béa Diallo a également appelé les entreprises à offrir davantage de stages, de premières expériences et de possibilités de mentorat aux jeunes.
« Derrière un CV, il y a parfois un potentiel que le papier ne montre pas toujours. Donnez des stages, donnez une première expérience, proposez du mentorat et ouvrez vos entreprises aux jeunes », a-t-il lancé.
Selon le ministre, la question de l’emploi ne peut toutefois pas être résolue par l’administration seule. Il estime que l’État, les entreprises, les partenaires et les jeunes ont chacun un rôle à jouer.
Cette approche, a-t-il ajouté, doit accompagner la mise en œuvre de la vision Simandou 2040, avec pour objectif de faire émerger des compétences et des entreprises capables de participer davantage à la transformation de l’économie guinéenne.
Laguinee.info





