À Madina, vendre dans la rue demande autant de vigilance que de patience. Aux abords du marché, les vendeurs ambulants doivent surveiller les mouvements des agents chargés des contrôles. Dès qu’ils les aperçoivent, les marchandises disparaissent. Quelques minutes plus tard, lorsque les agents s’éloignent, le commerce reprend.

Dans les rues autour du marché, cette scène se répète au gré des opérations de contrôle. Installés sur les espaces publics pour attirer les clients, les vendeurs savent qu’ils peuvent être contraints de quitter les lieux à tout moment.
M’mah Sylla décrit cette routine quotidienne.
« Dès qu’on voit les agents arriver, on prend nos marchandises et on cherche à nous cacher. Après leur départ, on revient pour essayer de vendre », confie-t-elle.
Vendre tout en surveillant les agents
Pour ces commerçants, chaque journée devient un exercice d’équilibre. Il faut chercher des clients tout en restant attentif aux mouvements des agents.

Biba Condé reconnaît les contraintes liées à l’occupation de la voie publique, mais explique pourquoi certains vendeurs continuent de s’y installer.
« On sait qu’on ne doit pas rester sur la route, mais c’est ici qu’on trouve les clients. Si on nous chasse, on ne sait pas où aller vendre », dit-elle.

Derrière cette présence dans les rues se trouve aussi une nécessité économique. Pour certains vendeurs, cette activité constitue un moyen de subvenir aux besoins de leurs familles.
Une occupation des voies que les autorités veulent limiter
Du côté des autorités, les opérations de dégagement sont présentées comme un moyen de libérer les voies publiques et de faciliter la circulation autour du marché, selon un officier du marché.
Une opération de déguerpissement menée à Madina en février 2026 visait notamment à libérer les voies et les emprises publiques occupées par des installations.

Le problème reste donc entier pour les vendeurs ambulants. Ils cherchent les endroits où les clients sont nombreux, tandis que les autorités veulent maintenir les voies publiques dégagées.
À Madina, chaque journée se joue ainsi entre deux impératifs : trouver des clients pour vendre et rester suffisamment vigilant pour éviter le prochain contrôle.
Hawa Diakité, stagiaire pour Laguinee.info





