Au moins 26 enfants ont péri dans une bousculade provoquée par un incendie survenu jeudi 10 septembre aux environs d’un établissement scolaire à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Vingt-cinq autres enfants ont été blessés, selon un bilan communiqué par l’Unicef et rapporté par Le Monde avec l’Agence France-Presse (AFP).
Le feu, dont l’origine reste inconnue, s’est déclaré vers 9 heures, alors que les élèves étaient en classe. La panique qui a suivi a provoqué un mouvement de foule à l’intérieur et autour de l’établissement. Selon un rapport d’inspecteurs du ministère congolais de l’Éducation nationale, plusieurs enfants sont tombés au sol avant d’être piétinés, tandis que d’autres ont été asphyxiés après s’être retrouvés bloqués à l’intérieur.
Le bilan initial faisait état de 14 enfants morts. Il a ensuite été porté à au moins 26 victimes, dont 20 filles et six garçons, selon les informations rapportées par Le Monde. Les autorités de Kinshasa ainsi que le M23, qui contrôle Bukavu depuis février 2025, ont appelé à l’ouverture d’enquêtes afin de déterminer les circonstances exactes du sinistre.
Trois jours de deuil national
Le drame a suscité une vive émotion en RDC, particulièrement dans une région déjà durement touchée par les violences liées au conflit entre les autorités de Kinshasa et le M23.
Le mouvement armé a annoncé un deuil national de trois jours. Une cérémonie d’inhumation des victimes était prévue samedi à Bukavu, en présence des autorités du M23.
Le ministère congolais de l’Éducation nationale a, de son côté, exprimé sa « profonde tristesse », tout en rappelant que cet incendie intervient dans un contexte marqué par une succession de sinistres à Bukavu.
Le médecin congolais et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a également réagi au drame. Dans un message publié vendredi sur X, il a appelé à prendre « en toute urgence des mesures » pour acheminer de l’aide humanitaire à la population de Bukavu. Il a estimé que les drames qui frappent les zones contrôlées par le M23 ne doivent pas se limiter à des déclarations officielles de compassion.
Des centaines de maisons détruites
L’incendie ne s’est pas limité à l’établissement scolaire. Selon les observations rapportées par l’AFP et citées par Le Monde, le feu a ravagé une importante zone densément construite à flanc de colline. Des centaines de maisons auraient été détruites, laissant de nombreux habitants sans abri.
Les incendies sont fréquents dans plusieurs villes de RDC, où les moyens de lutte contre le feu restent limités. Des spécialistes cités par Le Monde évoquent notamment la forte densité des constructions et les raccordements électriques illégaux parmi les facteurs susceptibles de favoriser ces sinistres.
Bukavu avait déjà été frappée par un incendie meurtrier en octobre 2025. Le sinistre avait alors fait 14 morts, dont 12 enfants. À Kinshasa, un autre incendie survenu dans une salle de mariage dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026 avait également fait 12 morts.
Cette nouvelle tragédie relance ainsi les inquiétudes sur la sécurité des populations dans les zones urbaines densément peuplées de la RDC, alors que les autorités doivent encore établir les causes précises de l’incendie de Bukavu.
Laguinee.info





