À Conakry, la rentrée scolaire approche et les préparatifs s’accélèrent. Dans les marchés comme dans les ateliers de couture, les parents s’activent pour équiper leurs enfants avant la reprise des cours.

Mais cette période est aussi synonyme de dépenses supplémentaires. Fournitures scolaires, vêtements, sacs, frais de réinscription, mensualités et transport viennent alourdir les charges des familles, dans un contexte marqué par la hausse générale du coût de la vie.
Dans plusieurs foyers, les préparatifs se font avec prudence. Certains parents commencent les achats plusieurs semaines à l’avance. D’autres privilégient l’essentiel et reportent les dépenses jugées moins urgentes.

Pour ce père de famille, l’anticipation permet de mieux répartir les dépenses.
« Actuellement, ce n’est pas du tout facile. Avec l’ouverture des classes qui approche, on a beaucoup à faire. Moi, en tant que père de famille, je dois tout acheter à temps pour mes enfants. Faute de moyens, je commence dès maintenant à acheter les choses petit à petit, car chaque enfant doit avoir sa part », explique-t-il.

Dans les familles nombreuses, la facture peut rapidement devenir difficile à supporter. Une mère de famille qui vit seule avec ses quatre enfants raconte les difficultés rencontrées lors de ses premiers achats.
« Je suis partie acheter les fournitures scolaires pour les enfants, mais ce n’est pas facile. J’avais 500 000 francs guinéens avec moi, mais je n’ai acheté que les sacs, des cahiers et des stylos pour commencer. Je me suis contentée de ça parce que l’argent était fini. Et puis, il y a les frais de réinscription et la mensualité qui m’attendent encore. Vraiment, ce n’est pas facile, mais on essaie », témoigne-t-elle.
Pour certains parents, il faut donc établir des priorités et étaler les achats afin de faire face aux différentes dépenses liées à la rentrée.
Malgré ces contraintes financières, la volonté de scolariser les enfants reste intacte. Une autre mère de famille dit être prête à multiplier les efforts pour permettre à ses enfants de reprendre le chemin de l’école.
« Je n’ai pas assez de moyens, mais je suis déterminée à tout faire pour m’assurer que mes enfants aillent à l’école. Tout mon souhait, c’est de les voir étudier et réussir dans la vie. Donc, je compte me débrouiller dans mon commerce pour bien préparer leur rentrée », déclare-t-elle.

À quelques jours de la rentrée, les parents jonglent ainsi entre fournitures scolaires, frais de scolarité et dépenses quotidiennes. Pour de nombreuses familles, préparer la rentrée ne se résume plus à acheter des cahiers et des uniformes. C’est aussi un exercice d’équilibre entre les besoins des enfants et des moyens financiers souvent limités.
Oumou Hawa BAH et Mamadou Oury BAH, stagiaires pour Laguinee.info





