À Yimbaya Camp Carrefour, Amadou Diallo partage son quotidien entre les bancs de l’école et l’atelier familial. Élève en classe de 12ᵉ année, il apprend auprès de son père les secrets de la confection de chaussures, avec l’ambition de transformer ce savoir-faire en opportunité professionnelle.

Après les cours, Amadou Diallo ne rentre pas directement chez lui. Direction l’atelier « Fortune », où l’attendent le cuir, les semelles, les fils et les outils nécessaires à la fabrication des chaussures.
Aux côtés de son père, le jeune élève découvre progressivement les différentes étapes du métier. Découper le cuir, assembler les pièces, coudre et assurer les finitions font désormais partie de son apprentissage.
Ici, chaque geste compte. La précision et la patience sont indispensables pour obtenir une chaussure bien réalisée. Pour Amadou, l’atelier est donc un autre lieu de formation.
« Je veux montrer que l’école et l’apprentissage d’un métier peuvent aller ensemble. Aujourd’hui, j’apprends à fabriquer des chaussures ; demain, j’espère que ce savoir-faire me permettra de créer mon propre avenir », confie-t-il.

Un emploi du temps partagé
Concilier les études et l’apprentissage d’un métier n’est pourtant pas une tâche facile. Amadou doit organiser son temps entre les cours, les devoirs et les heures passées dans l’atelier.
À ces contraintes s’ajoutent les difficultés liées à l’accès aux matières premières et aux équipements nécessaires à la confection des chaussures.
Malgré cela, le jeune homme poursuit son apprentissage. Chaque paire qu’il réalise constitue pour lui une occasion de mettre en pratique les conseils reçus de son père et d’améliorer ses techniques.
Un savoir-faire transmis de père en fils
Au-delà de l’apprentissage professionnel, l’histoire d’Amadou est aussi celle d’une transmission familiale.

Dans l’atelier « Fortune », le père partage progressivement son expérience avec son fils. Les gestes du métier se transmettent ainsi à travers la pratique quotidienne.
Amadou entend toutefois poursuivre ses études. Son objectif est de ne pas choisir entre l’école et le métier, mais de faire des deux des atouts pour son avenir.
Entre les cahiers de classe et les outils de l’atelier, le jeune élève construit ainsi, étape après étape, un projet qui pourrait lui permettre de gagner en compétences et, demain, de bâtir sa propre indépendance professionnelle.
Hawa Diakité, stagiaire pour Laguinee.info





