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Mauritanie : un Guinéen condamné à mort pour un présumé meurtre, sa famille sollicite l’aide de Doumbouya

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Depuis 2008, Amara Camara est détenu dans une prison de Nouakchott, en Mauritanie. Condamné à mort dans une affaire de meurtre, il clame son innocence. Selon sa famille, son implication dans ce crime serait liée uniquement à ses relations avec l’un des véritables suspects, un compatriote qui aurait pris la fuite.

Ce vendredi 4 septembre 2026, nous nous sommes rendus dans la famille d’Amara Camara. Sur place, ses proches lancent un appel au président de la République, Mamadi Doumbouya, afin qu’il intervienne en faveur de son retour en Guinée.

Genèse de l’affaire

Selon Lamine Camara, frère d’Amara, celui-ci venait d’arriver à Nouakchott en 2008 lorsqu’il a fait la connaissance d’Oumar Sidibé, un autre ressortissant guinéen originaire du même village que lui, dans la préfecture de Beyla, au sud de la Guinée.

Oumar Sidibé l’aurait hébergé pendant quelque temps. Mais quelques mois plus tard, il aurait quitté précipitamment Nouakchott après avoir été impliqué dans une affaire de meurtre.

« En 2008, Amara Camara venait d’arriver à Nouakchott. Il a fait la connaissance d’Oumar Sidibé, un autre Guinéen venant du même village que lui, situé à Beyla, qui l’a hébergé. Quelques temps après, Oumar a pris la fuite parce qu’il était impliqué dans une affaire de meurtre », raconte Lamine Camara.

D’après le récit familial, la victime était une Française âgée de plus de 60 ans. Elle serait arrivée en Mauritanie avec un ressortissant bissau-guinéen, après avoir séjourné au Sénégal. Les deux auraient ensuite ouvert un restaurant à Nouakchott et commencé à collaborer avec Oumar Sidibé.

« Après le meurtre de la Française, la justice a établi la culpabilité du ressortissant bissau-guinéen, d’un Sierra-Léonais et du Guinéen Oumar. Selon les révélations du collaborateur d’Oumar, lui aussi détenu depuis 2008, le mobile du crime aurait été le vol de l’argent de la victime », affirme le frère d’Amara.

Selon la famille, Amara Camara aurait néanmoins été arrêté et condamné dans cette affaire, alors qu’il continue de nier toute implication dans le meurtre.

La famille interpelle Mamadi Doumbouya

Dix-huit ans après les faits, les proches d’Amara Camara souhaitent désormais voir les autorités guinéennes s’impliquer davantage dans son dossier. Ils sollicitent directement le président Mamadi Doumbouya pour obtenir son retour en Guinée.

« Monsieur le Président, vous avez récemment fait preuve de clémence à travers une grâce présidentielle et vous avez réaffirmé votre engagement à ce qu’aucun Guinéen ne soit abandonné à l’étranger. Votre gouvernement négocie d’ailleurs activement le transfert de certains détenus afin qu’ils puissent purger leur peine en Guinée. Mais la situation de mon frère Amara Camara est bien plus grave et bien plus complexe », plaide Lamine Camara.

Et d’ajouter : « Il clame son innocence. Il purge une lourde peine pour un meurtre qu’il affirme ne pas avoir commis. Son seul tort semble avoir été d’avoir été hébergé par le véritable auteur présumé, un compatriote qui a pris la fuite. »

Pour la famille, les 18 années passées derrière les barreaux ont plongé Amara Camara dans une profonde détresse.

« Il est dans une situation de détresse absolue. Seul, sans famille en Mauritanie, il est emprisonné depuis 2008 pour un crime dont il se dit innocent. La famille, désespérée, ne demande qu’à le revoir en Guinée », poursuit Lamine Camara.

Tout en affirmant respecter la justice mauritanienne, le frère d’Amara demande au chef de l’État guinéen d’user de son influence pour trouver une issue à cette affaire.

« Je ne me permets pas de remettre en cause la justice mauritanienne. Mais je vous implore, au nom de la dignité humaine et de la compassion, d’user de votre autorité morale et de vos prérogatives pour lui offrir une porte de sortie », lance-t-il.

Pour la famille, la demande est simple : permettre à Amara Camara de quitter la prison mauritanienne et de rentrer en Guinée.

« Qu’il sorte de la prison mauritanienne et soit ramené en Guinée », plaide Lamine Camara.

Ismaël Sam, pour Laguinee.info 

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