La campagne d’immatriculation et de réimmatriculation des engins roulants se poursuit sur l’ensemble du territoire national. À Kankan, l’opération a récemment été marquée par l’agression d’un agent de la police nationale dans l’exercice de ses fonctions.
Face à cette situation, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan a réuni, ce vendredi 5 septembre 2026, les représentants des syndicats, les autorités administratives en charge des transports ainsi que les services de sécurité, afin de sensibiliser les différents acteurs au respect de la loi.
Selon le procureur, la campagne est menée par la Direction des documents sécurisés de Guinée (DSG), en charge notamment des questions d’immatriculation et de réimmatriculation. Les agents sont accompagnés par les forces de sécurité dans l’accomplissement de leur mission.
« La campagne pour les questions d’immatriculation et de réimmatriculation a commencé sur tout le territoire national. Ils sont appuyés par la force publique », a-t-il expliqué.
Cette opération intervient toutefois dans un contexte marqué par des tensions entre certains usagers et les agents chargés du contrôle. Un policier a notamment été agressé et blessé alors qu’il était en service.
« Un des policiers a été agressé dans l’exercice honnête de ses fonctions. Il y a eu des faits d’outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions, des faits de coups et blessures volontaires, mais également des faits de rébellion, donc une résistance à la force publique », a-t-il précisé.
Pour éviter que de tels incidents ne se multiplient, le parquet a privilégié, dans un premier temps, la sensibilisation et le dialogue.
« Nous avions estimé, en tant qu’autorité de poursuite, qu’avant d’aller dans le sens naturel de la répression, il fallait donner des conseils de sagesse et de modération aux autorités syndicales, aux autorités administratives en charge des questions de transport, mais également avoir une concertation avec la police », a indiqué le magistrat.
Il appelle ainsi les propriétaires d’engins roulants, notamment les conducteurs de tricycles, à se conformer aux dispositions légales en vigueur.
« Nous avons invité les conducteurs de tricycles et tous les engins roulants de façon générale à respecter les lois de la République, à se soumettre à la nouvelle politique du pays qui consiste à immatriculer les engins, à prendre les pièces d’immatriculation et à se munir de toutes les pièces exigées par le Code de la route », a-t-il déclaré.
Le procureur a également mis en garde toute personne qui tenterait de s’en prendre physiquement à un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions.
« Toute personne qui portera désormais la main sur un agent de la force publique répondra conformément à la loi. Lorsque les agents sont dans l’exercice de leurs fonctions, ils méritent d’être respectés et protégés, puisqu’ils sont investis d’une mission de service public », a-t-il martelé.
Concernant l’auteur présumé de l’agression, le procureur affirme que la procédure judiciaire est déjà engagée.
« Celui qui a eu le courage de porter la main sur un agent de la force publique jusqu’à ce que blessure s’en suive est déjà entre les mains des autorités de la police judiciaire et répondra de ses faits conformément aux lois de la République », a-t-il assuré.
Interrogé sur d’éventuels cas de racket lors des opérations de contrôle, le procureur dit n’avoir reçu, à ce stade, aucune plainte formelle visant un policier.
« Je ne donne pas un certificat d’honnêteté à qui que ce soit, mais pour le moment, aucune plainte formelle n’a été adressée à mon parquet pour attirer mon attention sur l’inconduite notoire d’un policier dans ce sens », a-t-il précisé.
Selon lui, certains usagers, n’étant pas en règle, tenteraient parfois de proposer de l’argent aux agents avant de dénoncer un éventuel racket.
« De façon globale, les gens n’aiment pas prendre les pièces. Quand ils arrivent au niveau des autorités de la police ou de la gendarmerie, n’étant pas à jour, beaucoup essaient de mettre la main à la poche, donner de l’argent, etc. Après, ils vont crier au racket », a-t-il déploré.
Le procureur rappelle que l’immatriculation constitue une obligation légale :
« Les gens ne peuvent pas acheter des engins à plusieurs millions et refuser de les immatriculer et de prendre les pièces », a-t-il souligné.
À l’issue de la rencontre, les autorités communales, les responsables des transports et les syndicats se sont engagés à renforcer la sensibilisation de la population afin de faciliter la campagne d’immatriculation à Kankan et prévenir de nouveaux incidents.
« Au-delà de ces faits, on s’est aussi donné pour mission de sensibiliser les uns et les autres pour que de telles inconduites ne puissent plus jamais se répéter. Si de tels comportements venaient à se reproduire, il y aura moins d’intervention, parce qu’il y a beaucoup de social. Si on n’applique pas la loi, naturellement, on sera affaibli », a-t-il conclu.
Mamadou Camara, correspondant régional à Kankan pour Laguinee.info





